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	<title>CCIEL &#187; Correspondance de l&#8217;étranger</title>
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		<title>Le voile intégral malvenu dans la Belle Province, Le Monde, 25 mars 2010</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Apr 2010 23:25:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cciel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Correspondance de l'étranger]]></category>

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		<description><![CDATA[Le service public doit s&#8217;exercer &#171;&#160;à visage découvert&#160;&#187;, estime la ministre de la justice québecoise, Kathleen Weil, qui a déposé, mercredi 24 mars, un projet de loi en ce sens. Le texte qui précise que ni les fonctionnaires ni les clientes des services publics ne seront autorisées à porter un voile qui masque tout le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;">Le service public doit s&#8217;exercer &laquo;&nbsp;à visage découvert&nbsp;&raquo;, estime la ministre de la justice québecoise, <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/15ab/kathleen-weil.html">Kathleen Weil</a>, qui a déposé, mercredi 24 mars, un projet de loi en ce sens. Le texte qui précise que ni les fonctionnaires ni les clientes des services publics ne seront autorisées à porter un voile qui masque tout le visage ou ne laisse appercevoir que les yeux, devrait selon toute vraisemblance être adopté sans grande difficulté.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Précisant les limites des <em>&laquo;&nbsp;accommodements raisonnables&nbsp;&raquo;</em> entre la liberté religieuse individuelle et les valeurs défendues par l&#8217;Etat, dont sa neutralité religieuse, il touche aussi bien l&#8217;administration publique que les hôpitaux ou les écoles, y compris les écoles privées conventionnelles soutenues financièrement par l&#8217;Etat. Un accommodement <em>&laquo;&nbsp;doit être refusé si des motifs liés à la sécurité, à la communication ou à l&#8217;identification le justifient&nbsp;&raquo;</em>, a dit M<sup>me</sup> Weil à l&#8217;Assemblée nationale de la province canadienne.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>&laquo;&nbsp;EN FRANÇAIS ET À VISAGE DÉCOUVERT&nbsp;&raquo;</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><em>&laquo;&nbsp;Aujourd&#8217;hui, par un geste législatif fort, nous répondons à un besoin de clarté et nous traçons la ligne entre ce qui est acceptable et ce qui ne l&#8217;est pas en matière d&#8217;accommodement&nbsp;&raquo;</em>, a commenté au cours d&#8217;un point de presse le premier ministre québécois, <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/fa77/jean-charest.html">Jean Charest</a>.<em> &laquo;&nbsp;Ce qu&#8217;on attend d&#8217;un employé de l&#8217;Etat, c&#8217;est qu&#8217;il exerce son travail avec impartialité et compétence, qu&#8217;il le fasse en français et à visage découvert&nbsp;&raquo;</em>, a-t-il ajouté.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Avec ce projet de loi sur la <em>&laquo;&nbsp;laïcité ouverte&nbsp;&raquo;</em>, le Québec reste encore loin de la <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000417977&amp;dateTexte=" target="_blank">législation française</a> sur les signes manifestant une appartenance religieuse dans les établissements scolaires qui, depuis 2004, via le <a href="http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2010/03/25/Dans%20les%20%C3%A9coles,%20les%20coll%C3%A8ges%20et%20les%20lyc%C3%A9es%20publics,%20le%20port%20de%20signes%20ou%20tenues%20par%20lesquels%20les%20%C3%A9l%C3%A8ves%20manifestent%20ostensiblement%20une%20appartenance%20religieuse" target="_blank">code de l&#8217;éducation</a>, interdit <em>&laquo;&nbsp;dans les écoles, les collèges et les lycées publics, le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse&nbsp;&raquo;.</em> Au Québec, le hijhab, la kippa, la croix, le turban, resteront autorisés, y compris pour les fonctionnaires de police, rapporte <a href="http://www.ledevoir.com/politique/quebec/285697/quebec-choisit-la-laicite-ouverte" target="_blank"><em>Le Devoir</em></a>, qui précise que le texte joue non sur la laïcité mais sur <em>&laquo;&nbsp;des raisons de sécurité, de communication ou d&#8217;identification&nbsp;&raquo;</em> pour permettre, quel que soit le contexte, d&#8217;empêcher une fonctionnaire de porter un voile intégral.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>&laquo;&nbsp;GÉRER LA SITUATION CAS PAR CAS&nbsp;&raquo;</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Dans la société québécoise, l&#8217;accueil est mitigé, explique le site d&#8217;information <a href="http://www2.canoe.com/infos/quebeccanada/archives/2010/03/20100324-192424.html" target="_blank">Canoë</a>. <em>&laquo;&nbsp;C&#8217;est un premier pas, mais il y a énormément de choses à traiter. Je pense vraiment que cette loi va en amener d&#8217;autres. C&#8217;est au moins un progrès&nbsp;&raquo;</em>, se réjouit le maire d&#8217;Hérouxville, dans le comté de Mékinac, Bernard Thompson, à l&#8217;origine, en 2007, d&#8217;un <a href="http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2007/02/24/la-place-de-la-religion-dans-l-espace-public-fait-debat-chez-les-quebecois_875830_3222.html">code de conduite municipal</a> controversé à destination des immigrés qui stipulait notamment, dans sa version originale, qu&#8217;il est interdit de lapider ou de brûler vives des femmes.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><em>&laquo;&nbsp;Ce n&#8217;est pas légitime, on n&#8217;avait pas besoin d&#8217;une loi provinciale pour régler ça</em>, s&#8217;insurge en revanche le sociologue <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/713a/alain-bouchard.html">Alain Bouchard</a>.<em> Le problème ne touchait que quelques cas par année. Il faut plutôt continuer à gérer la situation cas par cas&nbsp;&raquo;</em>, affirme-t-il.<em> </em>A l&#8217;opposé, la députée souverainiste <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/1520/louise-beaudoin.html">Louise Beaudoin</a> estime que ce texte <em>&laquo;&nbsp;consacre le statu quo, ne clarifie rien&nbsp;&raquo;</em> et rappelle que sa formation politique, le Parti québécois est<em> &laquo;&nbsp;pour la laïcité tout court&nbsp;&raquo;</em>.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Pour en savoir plus :</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"> &#8211; Pour comprendre les différences entre le hidjab, la burqa, le niqab ou le tachdor, voir <a href="http://www.lemonde.fr/societe/infographie/2009/06/24/les-differents-types-de-voiles-musulmans_1210688_3224.html">cette infographie</a> du Monde.fr.<br />
- Sur la réfléxion sur la laïcité au Québec, lire <a href="http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2008/06/04/le-quebec-veut-inventer-un-nouveau-modele-de-laicite_1053582_3222.html">cet article</a> du <em>Monde</em>.</span></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Proposition de loi visant à interdire le port de tenues ou d’accessoires ayant pour effet de dissimuler le visage dans les lieux ouverts au public et sur la voie publique, Assemblée Nationale Française</title>
		<link>http://www.cciel.ca/proposition-de-loi-visant-a-interdire-le-port-de-tenues-ou-d%e2%80%99accessoires-ayant-pour-effet-de-dissimuler-le-visage-dans-les-lieux-ouverts-au-public-et-sur-la-voie-publique-assemblee-nationale/</link>
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		<pubDate>Fri, 09 Apr 2010 22:55:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cciel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Correspondance de l'étranger]]></category>

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		<description><![CDATA[N° 2283
_____
ASSEMBLÉE  NATIONALE
CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958
TREIZIÈME LÉGISLATURE
Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 5 février 2010.
PROPOSITION DE LOI
visant à interdire le port de tenues ou d’accessoires ayant pour effet
de dissimuler le visage dans les lieux ouverts au public
et sur la voie publique,
(Renvoyée à la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">N° 2283</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"><strong>_____</strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: 'Arial'; font-size: 10pt;">ASSEMBLÉE  NATIONALE</span></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">TREIZIÈME LÉGISLATURE</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 5 février 2010.</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"><strong>PROPOSITION DE LOI</strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"><em>visant à </em><strong>interdire</strong><em> le port de </em><strong>tenues</strong><em> ou d’</em><strong>accessoires</strong><em> ayant pour effet<br />
de </em><strong>dissimuler</strong><em> le </em><strong>visage</strong><em> dans les </em><strong>lieux ouverts</strong><em> au </em><strong>public</strong><em><br />
et sur la </em><strong>voie</strong><em> </em><strong>publique</strong><em>,</em></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">(Renvoyée à la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale<br />
de la République, à défaut de constitution d’une commission spéciale dans les délais prévus<br />
par les articles 30 et 31 du Règlement.)</span></p>
<div style="margin-left: 14pt;">
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">présentée par Mesdames et Messieurs</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Jean-François COPÉ, Nicole AMELINE, François BAROIN, Élie ABOUD, Yves ALBARELLO, Alfred ALMONT, Edwige ANTIER, Jean AUCLAIR, Pierre-Christophe BAGUET, Patrick BEAUDOUIN, Jean-Claude BEAULIEU, Jacques Alain BÉNISTI, Thierry BENOIT, Véronique BESSE, Gabriel BIANCHERI, Jérôme BIGNON, Roland BLUM, Claude BODIN, Marcel BONNOT, Jean-Claude BOUCHET, Bruno BOURG-BROC, Chantal BOURRAGUÉ, Loïc BOUVARD, Françoise BRANGET, Xavier BRETON, Philippe BRIAND, Chantal BRUNEL, Yves BUR, Dominique CAILLAUD, François CALVET, Joëlle CECCALDI-RAYNAUD, Yves CENSI, Jérôme CHARTIER, Jean-François CHOSSY, Éric CIOTTI, Philippe COCHET, Georges COLOMBIER, Louis COSYNS, Alain COUSIN, Henri CUQ, Marie-Christine DALLOZ, Olivier DASSAULT, Laure de LA RAUDIÈRE, Patrice DEBRAY, Jean-Pierre DECOOL, Bernard DEFLESSELLES, Lucien DEGAUCHY, Rémi DELATTE, Sophie DELONG, Yves DENIAUD, Bernard DEPIERRE, Vincent DESCOEUR, Gilles D’ETTORE, Nicolas DHUICQ, Dominique DORD, Marianne DUBOIS, Jean-Pierre DUPONT, Nicolas DUPONT-AIGNAN, Daniel FASQUELLE, Yannick FAVENNEC, Jean-Michel FERRAND, Alain FERRY, André FLAJOLET, Nicolas FORISSIER, Marie-Louise FORT, Arlette FRANCO, Pierre FROGIER, Yves FROMION, Sauveur GANDOLFI-SCHEIT, Jean-Paul GARRAUD, Gérard GAUDRON, Jean-Jacques GAULTIER, Guy GEOFFROY, Franck GILARD, Georges GINESTA, Charles-Ange GINESY, Jean-Pierre GIRAN, Claude GOASGUEN, Didier GONZALES, Jean-Pierre GORGES, Philippe GOSSELIN, Philippe GOUJON, Michel GRALL, Claude GREFF, Jacques GROSPERRIN, Arlette GROSSKOST, Serge GROUARD, Louis GUÉDON, Jean-Claude GUIBAL, Christophe GUILLOTEAU, Gérard HAMEL, Laurent HÉNART, Michel HERBILLON, Françoise HOSTALIER, Philippe HOUILLON, Guénhaël HUET, Jacqueline IRLES, Christian JACOB, Denis JACQUAT, Paul JEANNETEAU, Yves JEGO, Maryse JOISSAINS-MASINI, Marc JOULAUD, Jacques KOSSOWSKI, Patrick LABAUNE, Fabienne LABRETTE-MÉNAGER, Jacques LAMBLIN, Jean-François LAMOUR, Marguerite LAMOUR, Pierre LANG, Thierry LAZARO, Robert LECOU, Jean-Marc LEFRANC, Guy LEFRAND, Jean-Louis LÉONARD, Jean LEONETTI, Pierre LEQUILLER, Maurice LEROY, Geneviève LEVY, Michel LEZEAU, Lionnel LUCA, Daniel MACH, Richard MALLIÉ, Alain MARC, Jean-Pierre MARCON, Thierry MARIANI, Christine MARIN, Muriel MARLAND-MILITELLO, Philippe Armand MARTIN, Patrice MARTIN-LALANDE, Henriette MARTINEZ, Alain MARTY, Jean-Claude MATHIS, Christian MÉNARD, Philippe MEUNIER, Jean-Claude MIGNON, Marie-Anne MONTCHAMP, Georges MOTHRON, Étienne MOURRUT, Alain MOYNE-BRESSAND, Renaud MUSELIER, Jacques MYARD, Jean-Pierre NICOLAS, Bertrand PANCHER, Yanick PATERNOTTE, Christian PATRIA, Béatrice PAVY, Bernard PERRUT, Michel PIRON, Serge POIGNANT, Bérengère POLETTI, Axel PONIATOWSKI, Josette PONS, Daniel POULOU, Jean PRORIOL, Didier QUENTIN, Michel RAISON, Frédéric REISS, Jean-Luc REITZER, Jacques REMILLER, Bernard REYNÈS, Franck REYNIER, Valérie ROSSO-DEBORD, Jean-Marc ROUBAUD, Bruno SANDRAS, André SCHNEIDER Jean-Pierre SCHOSTECK, Jean-Pierre SOISSON, Dominique SOUCHET, Daniel SPAGNOU, Éric STRAUMANN, Michèle TABAROT, Guy TEISSIER, Michel TERROT, Dominique TIAN, Alfred TRASSY-PAILLOGUES, François VANNSON, Isabelle VASSEUR, Catherine VAUTRIN, Patrice VERCHÈRE, Philippe VITEL, Gérard VOISIN, Michel VOISIN, Jean-Luc WARSMANN, André WOJCIECHOWSKI, Marie-Jo ZIMMERMANN, Michel ZUMKELLER, Marc BERNIER, Claude BIRRAUX, Valérie BOYER, Françoise BRIAND, Bernard BROCHAND, Gérard CHERPION, Jean-Louis CHRIST, Pascal CLÉMENT, Jean-Michel COUVE, Françoise de PANAFIEU, Jacques DOMERGUE, Jean-Pierre DOOR, Louis GISCARD d’ESTAING, Antoine HERTH, Sébastien HUYGHE, Dominique LE MÈNER, Pierre MOREL-A-L’HUISSIER, Jean-Marc NESME, Yves NICOLIN, Franck RIESTER, Jean ROATTA, Marie-Josée ROIG, Martial SADDIER, Michel SORDI, Jean TIBERI, Jean UEBERSCHLAG et Céleste LETT,</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">députés.</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"><br />
EXPOSÉ DES MOTIFS</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Mesdames, Messieurs,</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Nos sociétés sont confrontées, depuis quelques années, à des menaces nouvelles, comme l’apparition de nouvelles formes de délinquance ou le développement de pratiques radicales, qui ont en commun la dissimulation du visage dans l’espace public. Il s’agit, par exemple, d’actes de violences commis aux abords des stades lors de manifestations sportives par des personnes cagoulées, de hold-up commis dans des commerces par des personnes dont le visage était totalement dissimulé ou encore du port par certaines femmes, dans l’espace public, de tenues dissimulant intégralement leur visage.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Si ces pratiques sont encore marginales, elles sont néanmoins en développement. La France n’est pas épargnée par ce phénomène qui touche l’ensemble des pays européens. Nos concitoyens observent avec consternation cette évolution dont l’exemple le plus visible est l’augmentation du nombre de femmes portant un voile intégral, appelé burqa ou niqab.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Les pouvoirs publics ne sont pas restés inactifs face à l’émergence de ces pratiques qui apparaissent à tous comme contraires aux valeurs et fondements de la République et constituent une menace pour l’ordre et la sécurité publics. Au cours des dernières années, plusieurs séries de mesures ont été prises : soit pour encadrer les modalités de l’exercice de la liberté d’expression, d’opinion ou de croyance dans certaines circonstances, précisément définies – loi de 2004 sur le port de signes religieux dans les établissements publics d’enseignement primaire et secondaire, jurisprudence sur le refus d’accorder la nationalité française à des personnes intégralement voilées-, soit pour prévenir des atteintes à l’ordre public &#8211; décret dit « anti-cagoules » de juillet 2009, décrets précisant les conditions de validité des photos d’identité, par exemple.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Les plus hautes autorités juridictionnelles françaises et européennes admettent que des restrictions puissent être apportées au principe de valeur constitutionnelle de liberté d’expression, d’opinion et de croyance au nom d’autres principes de même valeur, dès lors que ces mesures sont justifiées ou, aux termes de la Convention européenne des droits de l’homme, « nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou de la morale publique, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Malgré ces avancées, notre droit apparaît aujourd’hui encore par trop hétérogène et impuissant à faire face à de nouvelles menaces et à endiguer le développement de ces pratiques radicales que nul, pourtant, ne souhaite voir s’installer sur notre territoire. La large concertation, menée dans un esprit de rassemblement, depuis six mois, avec l’ensemble des parties prenantes et des experts, a permis de dégager un consensus sur la nécessité de clarifier et de consolider notre droit dans ce domaine.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">En effet, ces pratiques sont incompatibles avec les valeurs essentielles de la République française, laïque, démocratique et sociale, ainsi qu’avec notre projet de société fondé sur l’égale dignité de tous et la lutte contre toute forme de discrimination, notamment à raison du sexe. Elles constituent des menaces à l’ordre public, au sens de l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui prévoit que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Alors que nos sociétés sont confrontées à des menaces croissantes – terrorisme bien sûr, mais aussi délinquance et comportements extrémistes éloignés de nos idéaux d’ouverture et de tolérance –, le fait de dissimuler totalement son visage dans l’espace public constitue une menace réelle et permanente à l’ordre public qui ne saurait être négligée, dans l’intérêt de l’ensemble de nos concitoyens. Comment accepter de ne pas savoir à qui l’on s’adresse dans un commerce ? Comment accepter que des personnes se présentent masquées dans l’espace public ?</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">À l’heure où les pouvoirs publics maintiennent un niveau d’alerte rouge du Plan Vigipirate face aux risques avérés d’un ou de plusieurs attentats graves, où les municipalités se mobilisent pour se doter de tous les moyens, y compris de vidéoprotection, pour assurer à tous la paix et la sécurité publiques, nos concitoyens ne comprendraient pas que des personnes puissent dissimuler entièrement, et sans motifs légitimes, leur visage dans l’espace public.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">De même, ces pratiques, tel le port de la burqa ou du niqab, sont à l’origine d’incidents qui constituent autant d’atteintes à l’ordre et à la sécurité publics. C’est notamment le cas lorsqu’une femme refuse d’enlever son voile pour se plier aux exigences de l’administration – guichet des préfectures, collectivités locales, services publics – ou de la sécurité publique – contrôle routier, contrôle d’identité. Les personnels des services hospitaliers ou les responsables des offices d’HLM sont de plus en plus souvent confrontés à des difficultés que notre droit ne permet pas toujours en l’état de régler de manière satisfaisante.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Enfin, le fait de dissimuler totalement son visage dans les lieux ouverts au public et sur la voie publique est une remise en cause profonde des règles élémentaires de la vie en société. Dans nos sociétés, le visage est la partie du corps qui porte l’identité de l’individu. Dissimuler son visage au regard de l’autre, c’est une négation de soi, une négation de l’autre et une négation de la vie en société.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Aussi, il convient d’affirmer, ce qui était jusqu’à présent si évident qu’il n’avait pas été besoin de l’inscrire dans notre droit : la visibilité du visage dans l’espace public est un gage de sécurité pour tous et une condition indispensable du « vivre ensemble ». Comme l’a souligné la Cour européenne des droits de l’homme dans deux arrêts du 4 décembre 2008, dans la mesure où « le pluralisme et la démocratie doivent également se fonder sur le dialogue et un esprit de compromis, [ils] impliquent nécessairement de la part des individus des concessions diverses qui se justifient aux fins de la sauvegarde et de la promotion des idéaux et valeurs d’une société démocratique ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Tel est l’esprit de la présente proposition de loi qui prévoit d’inscrire, dans notre droit, cette règle élémentaire de la vie en société : nul ne peut, dans les lieux ouverts au public et sur la voie publique, porter une tenue ou un accessoire ayant pour effet de dissimuler son visage sauf motifs légitimes précisés par décret en Conseil d’État.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">L’<strong>article 1<sup>er</sup></strong> pose le principe : nul ne peut, dans les lieux ouverts au public et sur la voie publique, porter une tenue ou un accessoire ayant pour effet de dissimuler son visage sauf motifs légitimes précisés par décret en Conseil d’État. Au titre des motifs légitimes, pourraient notamment être visés les impératifs liés à une activité professionnelle, les contraintes médicales ou les exigences de santé publique, les obligations de sécurité routière, les manifestations culturelles ou récréatives organisées en vertu d’usages constants ou d’événements nationaux majeurs.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">L’<strong>article </strong>2 prévoit que la méconnaissance de l’interdiction fixée par l’article 1er est punie d’une peine contraventionnelle dans des conditions fixées par décret en Conseil d’État. Il appartiendra au pouvoir réglementaire de définir le montant de l’amende, éventuellement en fonction des circonstances et, le cas échéant, des peines complémentaires ainsi que des sanctions en cas de récidive. Une amende de 750 euros au plus pour les contraventions de la 4<sup>e</sup> classe paraît au législateur proportionnée au regard de l’infraction commise.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">L’<strong>article 3</strong> prévoit que les sanctions prévues à l’article 2 sont applicables aux faits constatés à l’expiration d’un délai de six mois suivant la promulgation de la présente loi. Cette disposition vise à garantir que les dispositions réglementaires prévues aux articles 1<sup>er</sup> et 2 seront effectivement prises dans un délai raisonnable. Ce délai doit aussi permettre aux pouvoirs publics d’organiser une information et une médiation en direction des personnes concernées, en lien avec les élus locaux et les associations de défense des droits des femmes.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">L’<strong>article 4</strong> prévoit la remise d’un rapport du Gouvernement au Parlement, chaque année, à compter de la date de la promulgation de la loi, sur l’application de ces dispositions, les mesures d’accompagnement qui auront pu être mises en <span style="font-family: 'Arial'; font-size: 10pt;">œ</span>uvre par les pouvoirs publics ainsi que sur les difficultés rencontrées.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">En tant que législateurs, nous devons apporter une réponse de fermeté face à l’apparition de nouvelles formes de délinquance et au développement de pratiques radicales qui n’ont pas leur place dans notre République. Nous devons aussi rester à l’écoute de ces hommes et de ces femmes, parfois en manque de repères et en opposition avec les valeurs de tolérance et d’ouverture, mais aussi de respect et de responsabilité, qui sont les nôtres. C’est pourquoi, nous déposons, simultanément, une proposition de résolution afin que cette mesure soit comprise et acceptée pour ce qu’elle est : une loi de libération et non d’interdiction. L’une et l’autre forment un ensemble cohérent que nous vous demandons d’adopter.</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">PROPOSITION DE LOI</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"><strong>Article 1<sup>er</sup></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Nul ne peut, dans les lieux ouverts au public et sur la voie publique, porter une tenue ou un accessoire ayant pour effet de dissimuler son visage sauf motifs légitimes précisés par décret en Conseil d’État.</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"><strong>Article 2 </strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La méconnaissance de l’interdiction fixée par l’article 1<sup>er</sup> de la présente loi est punie d’une peine contraventionnelle dans des conditions fixées par décret en Conseil d’État.</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"><strong>Article 3</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Les sanctions prévues à l’article 2 sont applicables aux faits constatés à l’expiration d’un délai de six mois suivant la promulgation de la présente loi.</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"><strong>Article 4</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Un rapport est remis, chaque année, à compter de l’entrée en vigueur de la présente loi, par le Gouvernement au Parlement sur l’application de la présente loi, les mesures d’accompagnement qui auront été mises en <span style="font-family: 'Arial'; font-size: 10pt;">œ</span>uvre par les pouvoirs publics ainsi que sur les difficultés rencontrées</span></p>
</div>
]]></content:encoded>
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		<title>Expulsés pour prosélytisme, par Isabelle Mandraud, Le Monde.fr, 6 avril 2010</title>
		<link>http://www.cciel.ca/expulses-pour-proselytisme-par-isabelle-mandraud-le-monde-fr-6-avril-2010/</link>
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		<pubDate>Fri, 09 Apr 2010 22:46:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cciel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Correspondance de l'étranger]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce soir-là, mardi 30 mars, les fidèles réunis à l&#8217;église Notre-Dame-de-Lourdes de Casablanca, pour la messe chrismale d&#8217;avant Pâques, ont sans doute tendu l&#8217;oreille plus qu&#8217;à l&#8217;accoutumée. Pour la première fois, un responsable de l&#8217;Eglise catholique évoquait, publiquement, les expulsions de chrétiens au Maroc, nombreuses depuis le début du mois.
Dans son homélie, le nonce apostolique [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;">Ce soir-là, mardi 30 mars, les fidèles réunis à l&#8217;église Notre-Dame-de-<a href="http://www.lemonde.fr/sujet/e4d7/lourdes-de-casablanca.html">Lourdes de Casablanca</a>, pour la messe chrismale d&#8217;avant Pâques, ont sans doute tendu l&#8217;oreille plus qu&#8217;à l&#8217;accoutumée. Pour la première fois, un responsable de l&#8217;Eglise catholique évoquait, publiquement, les expulsions de chrétiens au Maroc, nombreuses depuis le début du mois.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Dans son homélie, le nonce apostolique Mgr Antonio Sozzo a insisté sur la ligne de conduite tenue et à tenir. L&#8217;Eglise, a-t-il souligné, ne fait pas de prosélytisme. Mais devant l&#8217;assistance médusée, l&#8217;ambassadeur du Vatican a dû également reconnaître qu&#8217;il n&#8217;avait obtenu aucune explication des autorités marocaines au sujet de l&#8217;expulsion du prêtre <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/c5d1/rami-zaki.html">Rami Zaki</a>, le 8 mars, en même temps que 15 autres missionnaires, évangéliques pour la plupart.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Tous sont soupçonnés d&#8217;<em>&laquo;&nbsp;ébranler la foi des musulmans&nbsp;&raquo;</em>, un délit de prosélytisme inscrit dans la loi marocaine et puni de six mois à trois ans de prison. Comme les autres, le Père franciscain Zaki, qui officiait à Larache, dans la région de Tanger, n&#8217;a donc eu que quelques heures pour faire ses bagages.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Une première. Hispanophone, d&#8217;origine égyptienne, il a été renvoyé par avion au Caire, où il est resté sept heures en garde à vue sans pouvoir expliquer les raisons de son départ forcé. Et sans motif clair, pas de recours possible. <em>&laquo;&nbsp;Est-ce une erreur ? A-t-il commis une faute ? Nul ne le sait&nbsp;&raquo;</em>, soupire le <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/7e2c/pere-daniel.html">Père Daniel</a> Nourissat, chargé de la paroisse Notre-Dame-de-Lourdes de Casablanca.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">En l&#8217;espace de quelques semaines, ce sont ainsi une trentaine de religieux, Américains, Coréens, Néerlandais&#8230; qui ont été priés de quitter sans délai le territoire marocain. Du jamais-vu. Seize de ces personnes travaillaient dans le Village de l&#8217;espérance, un orphelinat situé à <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/30b0/ain-leuh.html">Aïn Leuh</a>, (province d&#8217;Ifrane) dans l&#8217;Atlas. Depuis plusieurs années, le centre s&#8217;occupait d&#8217;enfants défavorisés ou orphelins, et avait même obtenu les agréments officiels pour cela.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pour une raison ignorée, les autorités marocaines, encouragées par les discours outranciers de l&#8217;imam local, ont décidé, le 8 mars, qu&#8217;il ne respectait pas la <em>kafala</em> (&nbsp;&raquo;procédure d&#8217;adoption&nbsp;&raquo;). Les seize personnes, parmi lesquelles figuraient des éducateurs, des administratifs, ont eu deux heures pour rassembler leurs affaires. Avant cela, il y a eu l&#8217;expulsion d&#8217;un Américain &#8211; installé au Maroc depuis vingt-deux ans ! &#8211; à Amizmiz, au pied du <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/b6cb/haut-atlas.html">Haut Atlas</a>. Après, il y a eu les refoulés, ceux qui, de retour de congés, n&#8217;ont même pas pu sortir de l&#8217;aéroport. C&#8217;est le cas notamment d&#8217;un pasteur sud-africain de Fès. Ou bien du président de l&#8217;organisme qui chapeaute l&#8217;école américaine George-Washington.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L&#8217;activisme d&#8217;évangéliques, pour certains affiliés à la droite américaine la plus conservatrice, ne fait guère de doute et selon plusieurs sources, religieuses et étatiques, le Maroc compterait aujourd&#8217;hui plus de 500 missionnaires. Mais nul ne peut justifier le choix des personnes visées ces dernières semaines, et nul ne peut expliquer, pas plus que les motifs exacts, les dates de cette vague d&#8217;expulsions &#8211; qui a curieusement coïncidé avec le premier sommet entre l&#8217;Union européenne et le Maroc sur le statut avancé de ce dernier, qui en fait un partenaire -privilégié.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">D&#8217;autres incidents se sont produits au cours de la même période. Pour la première fois, des policiers marocains ont pénétré dans l&#8217;enceinte d&#8217;un temple protestant à Marrakech pour y arrêter deux hommes, un Congolais et un Tchadien. <em>&laquo;&nbsp;Le motif était qu&#8217;ils auraient été vus en compagnie de chrétiens marocains, puis la police a reconnu son erreur et s&#8217;est excusée</em>&laquo;&nbsp;, soupire <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/2fc7/jean-luc-blanc.html">Jean-Luc Blanc</a>, président de l&#8217;Eglise évangélique au Maroc. Depuis neuf ans sur place, ce pasteur ne défend aucunement les fondamentalistes évangéliques. Mais, ajoute-t-il, <em>&laquo;&nbsp;il y a quand même un durcissement&nbsp;&raquo;</em> des autorités marocaines. <em>&laquo;&nbsp;C&#8217;est un climat bizarre&nbsp;&raquo;</em>, acquiesce le <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/a429/pere-nourissat.html">Père Nourissat</a>.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L&#8217;inquiétude grandit dans la communauté chrétienne, essentiellement étrangère. Car, contrairement aux campagnes dont s&#8217;est faite l&#8217;écho une partie de la presse, proche du palais pour une part, le nombre de chrétiens marocains ne dépasse pas 1 000 à 2 000 personnes, contre 30 000 chrétiens étrangers. Les conversions sont rarissimes, et pour cause. Les chrétiens marocains sont tout juste tolérés, à la condition qu&#8217;ils pratiquent de façon quasi souterraine leur foi et s&#8217;ils ne se réunissent pas à plus de vingt personnes.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><em>&laquo;&nbsp;En ce moment, ils ne se montrent pas en compagnie de chrétiens étrangers car ils ont peur, mais de convertis, je n&#8217;en connais personnellement pas de nouveaux&nbsp;&raquo;</em>, souligne le pasteur Jean-Luc Blanc. Contacté, l&#8217;un d&#8217;eux finira par annuler une rencontre, même avec la garantie de l&#8217;anonymat. <em>&laquo;&nbsp;Plus tard peut-être, mais pas en ce moment, c&#8217;est trop sensible&nbsp;&raquo;</em>, s&#8217;excuse-t-il.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pour contrer l&#8217;émoi provoqué à l&#8217;extérieur du Maroc par les expulsions de chrétiens &#8211; en France, la Fédération protestante s&#8217;est émue -, le gouvernement a réuni l&#8217;ensemble des représentants religieux et exigé des églises chrétiennes officielles une réaction. <em>&laquo;&nbsp;Le ministre de l&#8217;intérieur m&#8217;a demandé un communiqué de presse&nbsp;&raquo;</em>, reconnaît Jean-Luc Blanc.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le pasteur et l&#8217;archevêque Mgr Vincent Landel ont donc rédigé, le 10 mars, un texte dans lequel ils évoquent les expulsions de chrétiens étrangers <em>&laquo;&nbsp;sous l&#8217;accusation de prosélytisme, ou d&#8217;autres motifs que nous ignorons&nbsp;&raquo;</em>. Le texte ayant été en partie tronqué par les médias officiels, l&#8217;Eglise catholique, furieuse, l&#8217;a reproduit in extenso sur son site. A chaque expulsion, tout se passe très vite, oralement.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Une méthode que <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/0309/khalil-naciri.html">Khalil Naciri</a>, le ministre de la communication, porte-parole du gouvernement marocain justifie tout en reconnaissant 27 expulsions, <em>&laquo;&nbsp;seize à Aïn Leuh et onze autres éparpillés dans le pays&nbsp;&raquo;</em>. <em>&laquo;&nbsp;La procédure juridique a été écartée,</em> déclare-t-il au <em>Monde,</em> <em>car nous voulions que cela se fasse de la façon la plus &laquo;&nbsp;soft&nbsp;&raquo; possible : un procès aurait immanquablement débouché sur des emprisonnements.&nbsp;&raquo;</em></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pour le ministre, <em>&laquo;&nbsp;si cela se produit maintenant, c&#8217;est qu&#8217;il a fallu faire des enquêtes pour être sûr des faits : nous disposons de CD, de livres, de cassettes, cela devenait du catéchisme. Pour le reste, le Maroc n&#8217;a pas changé de cap, les églises ont toujours pignon sur rue.&nbsp;&raquo;</em> Les autorités marocaines affichent d&#8217;autant mieux leur fermeté qu&#8217;elles ont, au nom d&#8217;un islam &laquo;&nbsp;modéré&nbsp;&raquo; que le royaume entend promouvoir, durement réprimé des musulmans extrémistes.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Des centaines d&#8217;écoles coraniques auraient été ainsi fermées. <em>&laquo;&nbsp;Nous avons été très sévères contre eux, contre les chiites,</em> plaide M. Naciri, <em>et il y a moins d&#8217;un an, nous avons fermé l&#8217;école irakienne de Rabat.&nbsp;&raquo;</em> Le porte-parole du gouvernement ajoute : <em>&laquo;&nbsp;Les pouvoirs publics ont le devoir de rester en phase avec leur opinion publique. Nous ne pouvons pas nous permettre de jouer avec le feu.&nbsp;&raquo;</em></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Autrement dit, les récentes expulsions de chrétiens seraient le fruit d&#8217;un équilibre&#8230; A l&#8217;appui de cette thèse, que bon nombre d&#8217;observateurs et de responsables chrétiens avancent, certains datent le début de la vague répressive au mois de décembre 2009, quand une famille suisse, un ingénieur prothésiste, sa femme et leurs enfants, installés depuis plusieurs années à Oujda, près de la frontière algérienne, ont dû quitter par la contrainte le Maroc en laissant tout derrière eux. C&#8217;était une semaine après le vote interdisant la construction de minarets en Suisse.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Désormais, le ministre de l&#8217;intérieur a promis de nommer bientôt un <em>wali</em> (&nbsp;&raquo;préfet&nbsp;&raquo;) avec pour mission de devenir un interlocuteur des chrétiens.</span></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Algérie : journées d’études sur la laïcité et le féminisme, par le Parti pour la Laïcité et la Démocratie, 18 mars 2010</title>
		<link>http://www.cciel.ca/algerie-journees-d%e2%80%99etudes-sur-la-laicite-et-le-feminisme-par-le-parti-pour-la-laicite-et-la-democratie-18-mars-2010/</link>
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		<pubDate>Sun, 28 Mar 2010 18:03:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cciel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Correspondance de l'étranger]]></category>

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		<description><![CDATA[A l’occasion du 8 Mars, Journée Internationale des Droits des Femmes, le PLD (Parti pour la laïcité et la Démocratie ) a organisé dans son siège les 5 et 6 Mars, deux journées d’étude et de réflexion consacrées aux 2 thèmes :

La laïcité, quels enjeux aujourd’hui ?
 Femmes et laïcité

A cette occasion, M. Bernard TEPER [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;">A l’occasion du 8 Mars, Journée Internationale des Droits des Femmes, le PLD (Parti pour la laïcité et la Démocratie ) a organisé dans son siège les 5 et 6 Mars, deux journées d’étude et de réflexion consacrées aux 2 thèmes :</span></p>
<ul>
<li><span style="color: #000000;">La laïcité, quels enjeux aujourd’hui ?</span></li>
<li><span style="color: #000000;"> Femmes et laïcité</span></li>
</ul>
<p><span style="color: #000000;">A cette occasion, M. Bernard TEPER de l’UFAL (Union des Familles Laïques) ainsi que Mme Soad BABA AISSA de l’IFE (Initiative féministe européenne) : ont animé ces journées en présence d’un public attentif et réactif. Les réflexions et débats de ces deux journées ont permis de définir les concepts et contribué à clarifier les enjeux.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">A l’appui de faits historiques ayant conduit à la démocratisation des sociétés autrefois régies par le droit du plus fort puis le droit divin, il apparaît clairement qu’il ne peut y avoir de laïcité sans démocratie c’est-à-dire sans la séparation des pouvoirs, la sélection des compétences par les élections libres et la garantie des libertés.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La laïcité n’est possible qu’en République et ne se confond pas avec la tolérance. La rupture avec le théologico-politique permet aux citoyens d’agir indépendamment de leur appartenance à une communauté. «L’Etat laïque connaît toutes les communautés mais n’en reconnaît aucune ». Le droit à la différence ne doit pas aboutir à la différence des droits. C’est l’universalité des droits dont l’égalité homme/femme et la primauté du droit sur les <em>us</em> et coutumes.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La laïcité n’est pas l’athéisme .La liberté absolue de conscience est garantie à l’ensemble des citoyens. L’Etat laïque garantit la liberté des cultes mais n’en finance aucun et ne peut donc pas les instrumentaliser.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Aujourd’hui, face aux intégrismes les batailles ne sont pas seulement formelles .Elles doivent grâce aux alliances aboutir à des luttes concrètes tout azimut et sans hiérarchie. Par exemple :</span></p>
<ul>
<li><span style="color: #000000;"> opposer à la charité des communautés religieuses, la solidarité en sauvegardant les services publics.</span></li>
<li><span style="color: #000000;">séparer l’école et la santé de la sphère marchande pour ne pas subir les «vérités» politiques de l’Etat et des instances religieuses.</span></li>
</ul>
<p><span style="color: #000000;">A la lumière de ces définitions et éclaircissements, les constats et inventaires sont  édifiants.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">En Algérie au nom de l’article 2 de la Constitution «l’islam est la religion de l’Etat », le code de la famille (de l’infamie !) n’a jamais été abrogé. Pourtant les luttes menées pour l’égalité depuis l’indépendance ont été nombreuses. En voici les moments les plus importants que Mme Baba Aïssa a rappelés dans son intervention :</span></p>
<ul>
<li><span style="color: #000000;">Au lendemain de l’Indépendance, en 1964, un avant projet de code de la famille est à l’étude. Les commissions « sont priées » de ne pas perdre de vue que l’Islam est la religion de l’Etat.</span></li>
<li><span style="color: #000000;">en 1966, Fadéla Merabet, écrivaine et journaliste évente dans son livre : « Les Algériennes » l’avant projet du code qui circulait à Alger sous le manteau</span></li>
<li><span style="color: #000000;">entre 1968 et 1973, des projets de code sont évoqués. Ils restent sans lendemain face à la mobilisation de la société civile.</span></li>
<li><span style="color: #000000;">le 18 Mars 1980, le combat des femmes et notamment des étudiantes aboutit à l’annulation de la directive obligeant les femmes de fournir l’autorisation de leur tuteur pour quitter le territoire national.</span></li>
<li><span style="color: #000000;">en 1984, le FLN parti unique investi par les islamistes promulgue le  code de la famille inspiré de la charia.</span></li>
<li><span style="color: #000000;">Après les événements d’octobre 1988, le pouvoir croit pouvoir contenir les islamistes. Au mépris de la constitution, il cède en en leur accordant le droit d’organiser des partis religieux. Le programme politique du FIS se résume à dicter la conduite des femmes qui deviennent sa principale cible.</span></li>
<li><span style="color: #000000;">en 1991, le système du vote des femmes par procuration est supprimé.</span></li>
<li><span style="color: #000000;">en 1995, le collectif  Maghreb Egalité annonce cent propositions pour des lois civiles égalitaires</span></li>
<li><span style="color: #000000;">2003, plusieurs associations font campagne pour l’abrogation du code de la famille</span></li>
<li><span style="color: #000000;">2005, le code de la famille est amendé. Aujourd’hui, tous ces amendements n’ont rien changé .La polygamie a même augmenté !</span></li>
</ul>
<p><span style="color: #000000;">Dans le monde, le combat des femmes est d’actualité aussi. En Pologne, les droits des femmes sont régulièrement remis en question par l’église catholique alliée au pouvoir en place. En France, les confusions idéologiques et les calculs électoralistes aboutissent aux actuels reculs et reniements de la laïcité.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ces deux journées ont également permis de débattre et d’échanger sur de nombreuses questions dont :</span></p>
<ul>
<li><span style="color: #000000;">la montée des intégrismes religieux qui prospèrent en dépit de la sécularisation grandissante des sociétés et ce souvent, grâce au financement par les Etats, d’associations intégristes qui sous couvert d’activités caritative, éducative ou culturelle font de l’endoctrinement et du recrutement politique.</span></li>
<li><span style="color: #000000;">Le combat pour la sécularisation de la société et la laïcité passera t-il en Algérie nécessairement par les étapes historiques que l’Europe a connues ? L’accès à l’information et les progrès de la communication vont-ils conforter les luttes pour la laïcité ou bien les freiner ?</span></li>
<li><span style="color: #000000;">Le combat pour l’indépendance politique de l’Algérie auquel ont participé les femmes n’a pas libéré pour autant les femmes. Les luttes socio-économiques d’ailleurs aussi. Force est de constater que les reculs en matière d’égalité sont encore plus importants que par le passé. Cette régression doit nous amener à changer de stratégie et de mettre en synergie les luttes socio-économiques et sociétales pour ne plus reléguer au second plan l’idéal laïque.</span></li>
<li><span style="color: #000000;">l’absence ou du moins le recul regrettable des démocrates dans le combat pour la laïcité en Algérie et dans le monde a également interpellé les personnes présentes. La cause essentielle en est la sous-estimation de la prise en charge des questions sociétales, du danger de l’intégrisme religieux qui est par essence un mouvement totalitaire et l’opportunisme politique de la mouvance démocratique.</span></li>
</ul>
<p><span style="color: #000000;">Arrivées à terme, les journées de formation et de réflexion sur la laïcité se sont achevées sur le constat suivant : face à un monde globalisé, régi par l’idéologie néolibérale dite « consensus de Washington de 1979 », à la montée et alliances des intégrismes religieux à l’origine des conflits meurtriers dans les Balkans, en Inde, au Nigéria, en Irlande et partout dans le monde, le combat pour la laïcité, lié aux revendications économiques et sociales doit être un combat planétaire.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Publié sur: <a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/algerie-journees-detudes-sur-la-laicite-et-le-feminisme/1861">ReSPUBLICA</a><br />
</span></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>LA FINANCE ISLAMIQUE MENACE LA LAÏCITÉ FRANÇAISE par l’Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires,UFAL, 26 novembre 2009</title>
		<link>http://www.cciel.ca/la-finance-islamique-menace-la-laicite-francaise-par-l%e2%80%99observatoire-international-de-la-laicite-contre-les-derives-communautairesufal-26-novembre-2009/</link>
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		<pubDate>Fri, 27 Nov 2009 00:00:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cciel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Correspondance de l'étranger]]></category>

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		<description><![CDATA[La charia (loi islamique) a tenté de faire son entrée dans la législation française et dans la finance de la place de Paris, mettant à bas le principe de laïcité. Il s&#8217;en est fallu de peu que ce ne fut fait le 14 octobre, si le Conseil constitutionnel n&#8217;en avait pas écarté le danger, provisoirement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;">La charia (loi islamique) a tenté de faire son entrée dans la législation française et dans la finance de la place de Paris, mettant à bas le principe de laïcité. Il s&#8217;en est fallu de peu que ce ne fut fait le 14 octobre, si le Conseil constitutionnel n&#8217;en avait pas écarté le danger, provisoirement il est vrai, en attendant une nouvelle offensive.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Nous demandons instamment au Gouvernement de ne pas poursuivre ses tentatives de porter atteinte à la laïcité en voulant modifier la législation française et la réglementation financière afin de les rendre compatibles avec la loi islamique. En effet, pour tout républicain, la France se doit de ne favoriser aucune religion, et de ne se plier aux impératifs d&#8217;aucune d&#8217;entre elles.<br />
Rappelons que tout a commencé en février 2009, dans le cadre feutré d&#8217;une réunion de spécialistes de la finance, lorsque la ministre <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/ef79/christine-lagarde.html" target="_blank">Christine Lagarde</a><br />
En mai, le sénateur <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/d3eb/philippe-marini.html" target="_blank">Philippe Marini</a> (UMP) glissait subrepticement un amendement dans une proposition de loi de soutien aux PME, qui fut votée sans que nul n&#8217;en relève l&#8217;énormité. Elle vise à transformer le régime légal de la fiducie (transfert temporaire de propriété).<br />
L&#8217;affaire était relancée dans la moiteur de juillet lorsque la ministre de l&#8217;économie confirmait, au cours d&#8217;une conférence sur la finance islamique, que la France allait <em>&laquo;&nbsp;développer sur le plan réglementaire et fiscal tout ce qui est nécessaire pour rendre les activités (de finance islamique) aussi bienvenues ici à Paris qu&#8217;à Londres et sur d&#8217;autres places&nbsp;&raquo;</em>. Il s&#8217;agit de la Suisse, du Luxembourg, de l&#8217;Autriche, de l&#8217;Irlande et de l&#8217;Allemagne, pays qui ignorent la laïcité. Et le président de l&#8217;association <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/6499/paris-europlace.html" target="_blank">Paris Europlace</a>, <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/65ff/gerard-mestrallet.html" target="_blank">Gérard Mestrallet</a>, annonçait pour sa part que <em>&laquo;&nbsp;la loi française offre déjà la meilleure flexibilité et la capacité d&#8217;adaptation pour accueillir des opérations de finance islamique. Néanmoins, de nouvelles mesures sont actuellement en préparation, avec l&#8217;installation d&#8217;un nouveau cadre pour les instruments de gestion d&#8217;actifs compatible avec la charia par l&#8217;Autorité des marchés financiers&nbsp;&raquo;</em>. De son coté, l&#8217;agence de notation financière Moody&#8217;s indiquait dans son rapport que <em>&laquo;&nbsp;la finance islamique en France offre un fort potentiel, mais des obstacles demeurent&nbsp;&raquo;</em>.<br />
L&#8217;affaire éclate au grand jour, le 17 septembre dernier à l&#8217;Assemblée nationale au cours de l‘examen du projet de loi sur les PME. En commission, la députée <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/e92a/chantal-brunel.html" target="_blank">Chantal Brunel</a> (UMP) avait expliqué – à propos de l&#8217;article 6 sexies B modifiant le code civil afin de <em>&laquo;&nbsp;permettre l&#8217;émission sur la place de Paris de produits compatibles avec les principes éthiques musulmans&nbsp;&raquo;</em> – que <em>&laquo;&nbsp;cette disposition vise à introduire les principes de la charia dans le droit de la fiducie en le rendant compatible&nbsp;&raquo;</em>. La rapporteure ajoutait qu&#8217;il y a <em>&laquo;&nbsp;des déterminants culturels dont il faut tenir compte&nbsp;&raquo;</em><em>&laquo;&nbsp;corriger&nbsp;&raquo;</em> notre système bancaire. Pour le député (PS) <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/97e5/henri-emmanuelli.html" target="_blank">Henri Emmanuelli</a>, ces propos heurtent profondément la devise républicaine et la loi de 1905 de séparation de l&#8217;Eglise et de l&#8217;Etat, ajoutant : <em>&laquo;&nbsp;Nous pensons au contraire qu&#8217;il ne faut introduire, ni les principes de la charia, ni l&#8217;éthique du Coran, ni même le droit canon, la Torah ou le Talmud, qu&#8217;il soit de Babylone ou de Jérusalem.&nbsp;&raquo;</em></span></p>
<p><strong>CONTRÔLE D&#8217;UNE AUTORITÉ ISLAMIQUE</strong></p>
<p>Soulignons que le dernier avatar a pour cadre le Conseil constitutionnel saisi par des députés socialistes, qui a censuré l&#8217;article 16 portant sur la finance islamique, non pas sur le fond, mais <em>&laquo;&nbsp;en raison de la procédure suivie au Parlement&nbsp;&raquo;</em>. Dans l&#8217;entourage de Christine Lagarde on prévoyait déjà : <em>&laquo;&nbsp;Nous représenterons un amendement dans un autre projet de loi sur la finance.&nbsp;&raquo;</em> En somme, un nouveau cavalier législatif est déjà prêt.<br />
Il n&#8217;y a pas que Bercy qui est prêt à écorner la laïcité. Deux universités françaises, au moins, ont créé un master dédié à la finance islamique : Dauphine avec une trentaine d&#8217;étudiants, et l&#8217;Ecole de management de Strasbourg. Par ailleurs, une banque française, le Crédit agricole, a annoncé, fin septembre, le lancement de sa première SICAV conforme à la charia, de droit Luxembourgeois et enregistrée en France.<br />
La micro-finance islamique a déjà investi Paris en y tenant, le 6 octobre, son premier sommet, organisé par <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/88a5/nur-advisors.html" target="_blank">Nur Advisors</a>, l&#8217;un des acteurs mondiaux dans le domaine de la finance islamique. Son directeur, <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/0502/kavilash-chawla.html" target="_blank">Kavilash Chawla</a>, ne cache pas sa cible et son ambition en déclarant : <em>&laquo;&nbsp;En France, les jeunes musulmans sont de plus en plus éduqués. Beaucoup sont incapables d&#8217;obtenir un prêt dans une banque traditionnelle. D&#8217;autres ne le veulent pas mais ils peuvent être intéressés pour créer une entreprise ou s&#8217;impliquer dans des activités.&nbsp;&raquo;</em> Encore faut-il pour cela que l&#8217;environnement politique et réglementaire soit favorable à ce système, ajoute-t-il.<br />
Plusieurs établissements bancaires islamiques ont entrepris des démarches auprès de la <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/b3c4/banque-de-france.html" target="_blank">Banque de France</a> afin d&#8217;être accréditées en France. Si le gouverneur de celle-ci, <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/cda5/christian-noyer.html" target="_blank">Christian Noyer</a>, précise bien que les régulateurs seront particulièrement attentifs à leur gouvernance, leur gestion de la liquidité, l&#8217;accès de ces banques aux banques centrales européennes, il ne dit rien de l&#8217;obligation qu&#8217;ont ces banques islamiques de soumettre également et parallèlement toutes leurs opérations, à une autorité religieuse islamique, installée en France ou à l&#8217;étranger, tant pour le contrôle de leurs opérations en conformité avec la charia, que pour les éventuels contentieux avec leurs clients .<br />
Rappelons que la finance islamique est fondée sur le fait que le prêt à intérêt est interdit selon le verset 275 de la deuxième sourate : <em>&laquo;&nbsp;Allah a rendu licite le commerce, et illicite l&#8217;intérêt&nbsp;&raquo;</em>. Tout investissement doit être attaché à un actif réel. Sont exclus les investissements dans les secteurs de l&#8217;armement, de l&#8217;alcool, des jeux de hasard, de la pornographie et de l&#8217;industrie porcine par exemple. Afin de respecter ces préceptes, les banques islamiques et les sections islamiques de banques conventionnelles ont dû inventer de multiples astuces juridico-financières pour complaire à leur autorité religieuse de tutelle. annonçait qu&#8217;elle donnait des instructions fiscales pour faciliter des investissements venus des Emirats. Mais ces instructions se sont avérées insuffisantes si le Code civil français n&#8217;était pas changé afin de le mettre en conformité avec la charia, permettant d&#8217;émettre des obligations islamiques (sukuks). pour</p>
<p><span style="color: #000000;">Enfin, selon les meilleurs spécialistes, la finance islamique ne pèse actuellement que 700 milliards de dollars dans le monde, ce qui <em>&laquo;&nbsp;reste une goutte d&#8217;eau dans la finance mondiale&nbsp;&raquo;</em>, reconnaît un spécialiste, sachant que 60 % de ces fonds se situent dans le golfe Persique et 20 % en Asie du Sud. Pour la France, l&#8217;enjeu ne vaut pas le risque pris envers le fondement laïque de sa République car, si l&#8217;on en croit le gouverneur de la Banque de France, les risques portés par ce système financier sont nombreux : par exemple, sur les liquidités, les risques opérationnels et légaux, amplifiés par <em>&laquo;&nbsp;le manque de standardisation des produits financiers, et le manque d&#8217;harmonisation des normes islamiques, avec par exemple des différences dans l&#8217;interprétation de la charia des normes comptables&nbsp;&raquo;</em>. On voit donc que l&#8217;argument de l&#8217;intérêt économique et financier de la France ne tient pas plus.<br />
Nous appelons tous les républicains attachés à la laïcité à faire preuve de la plus grande vigilance.</span></p>
<p><em>Signataires de l&#8217;Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires : </em><a href="http://www.lemonde.fr/sujet/9ed0/jean-michel-quillardet.html" target="_blank"><em>Jean-Michel Quillardet</em></a><em>, </em><a href="http://www.lemonde.fr/sujet/e09a/fabien-taieb.html" target="_blank"><em>Fabien Taïeb</em></a><em>, </em><a href="http://www.lemonde.fr/sujet/be75/patrick-kessel.html" target="_blank"><em>Patrick Kessel</em></a><em>, </em><a href="http://www.lemonde.fr/sujet/9976/alain-vivien.html" target="_blank"><em>Alain Vivien</em></a><em>, </em><a href="http://www.lemonde.fr/sujet/02b3/catherine-kintzler.html" target="_blank"><em>Catherine Kintzler</em></a><em>, </em><a href="http://www.lemonde.fr/sujet/aa97/didier-doucet.html" target="_blank"><em>Didier Doucet</em></a><em>, </em><a href="http://www.lemonde.fr/sujet/5d5d/gerard-fellous.html" target="_blank"><em>Gérard Fellous</em></a><em>, </em><a href="http://www.lemonde.fr/sujet/ab2c/pascal-eric-lalmy.html" target="_blank"><em>Pascal-Eric Lalmy</em></a><em>.</em></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong> </strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>« DERRIÈRE LE VOILE, IL Y A L&#8217;OPPRESSION », entrevue de Djemila Benhabib par Y. Philipponnat, Midi Libre, 29 octobre 2009</title>
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		<pubDate>Fri, 30 Oct 2009 00:46:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cciel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Correspondance de l'étranger]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;écrivain canadien d&#8217;origine algérienne Djemila Benhabib, invitée de Sauramps, présentait hier son livre 
ENTRETIEN
Qu&#8217;est-ce qui vous a poussé à écrire cet ouvrage qui raconte votre vie, de l&#8217;Algérie jusqu&#8217;au Québec, à lutter contre l&#8217;intégrisme ?
Honnêtement, c&#8217;est la conjoncture actuelle au Québec : les gens sont inquiets de l&#8217;intrusion du religieux dans la sphère publique. Moi, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>L&#8217;écrivain canadien d&#8217;origine algérienne Djemila Benhabib, invitée de Sauramps, présentait hier son livre </strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>ENTRETIEN</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Qu&#8217;est-ce qui vous a poussé à écrire cet ouvrage qui raconte votre vie, de l&#8217;Algérie jusqu&#8217;au Québec, à lutter contre l&#8217;intégrisme ?</strong><br />
Honnêtement, c&#8217;est la conjoncture actuelle au Québec : les gens sont inquiets de l&#8217;intrusion du religieux dans la sphère publique. Moi, je suis de culture musulmane et je pense comme eux, je m&#8217;inscris dans ce combat contre l&#8217;intégrisme musulman.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Considérez-vous que le dialogue n&#8217;est pas possible avec les islamistes.</strong><br />
Non, parce que l&#8217;on est dans deux styles de valeur fondamentalement antinomiques : soit on est dans les valeurs républicaines, d&#8217;égalité, de laïcité, soit dans le système religieux, et jeter des ponts entre les deux est impossible. Cette nouvelle forme d&#8217;islam est inquiétante parce qu&#8217;elle est revendicative, on est clairement dans le prosélytisme, loin de l&#8217;islam que j&#8217;ai connu, fait de modestie et d&#8217;humilité. Mon grand-père était religieux, vice-président du tribunal d&#8217;Oran, et il n&#8217;a jamais revendiqué de salle de prière !</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A Montpellier, la mairie a nommé l&#8217;association qui gère une des mosquées. C&#8217;est une bonne piste pour contrôler ?</strong><br />
Le problème, c&#8217;est que dans les mosquées, on ne fait plus de religion mais de la politique. J&#8217;étais à La Courneuve la semaine dernière, dans une petite mosquée, il y avait tellement de monde que les rues étaient bloquées ! Occuper l&#8217;espace public est d&#8217;une illégalité absolue. Je préfère que l&#8217;on construise des théâtres que des mosquées parce qu&#8217;on en construit de plus en plus en France : est-on en train de créer de nouveaux croyants ? Et tous les attentats perpétrés en France ils se sont préparés où ? Dans les mosquées. Ce climat m&#8217;inquiète, je préfère que l&#8217;islam se vive à la maison.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Votre position sur le voile est aussi radicale&#8230; </strong><br />
Je viens en France depuis quinze ans et, cette fois-ci, j&#8217;ai constaté une prolifération de voiles islamiques que je n&#8217;avais jamais vu. Tari Ramadan a fait des dégâts et on l&#8217;a laissé faire. Le voile, moi, en Algérie, à l&#8217;école, jusqu&#8217;à mes 15 ans, personne ne le portait. Le problème c&#8217;est qu&#8217;il est contraire à la valeur fondamentale de l&#8217;égalité. A l&#8217;école c&#8217;est réglé, c&#8217;est interdit, et dans la rue, je ne veux pas m&#8217;immiscer dans la vie des gens mais cela me semble dégradant : et pour la femme qui serait une tentatrice et pour l&#8217;homme qui ne pourrait pas maîtriser sa libido ! C&#8217;est infantilisant.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Que répondre à celles qui disent que c&#8217;est leur choix ?</strong><br />
Que c&#8217;est par les femmes, par le voile que le projet islamiste s&#8217;empare de la société. Derrière le voile, il y a l&#8217;oppression, la polygamie, la lapidation et tout le reste. En Iran, ce sont 80 coups de fouet si on ne le porte pas, mais regardez bien les images qui nous parviennent de là-bas : le voile est de plus en plus en arrière sur les têtes des femmes, elles résistent ! C&#8217;est pour les Iraniennes, les Saoudiennes ou les Afghanes qu&#8217;il faut se battre. Et ici, ça se banalise ! A Saint-Michel j&#8217;ai vu des burqas, c&#8217;est du délire !</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Comment les autorités doivent-elles réagir ?</strong><br />
Notre classe politique n&#8217;a pas apporté de solution adéquate à ce que vivent les jeunes, l&#8217;ascenseur social est en panne. Du coup ils préfèrent se réfugier dans ces discours politico-religieux réconfortant de victimisation. En arriver à avoir des gens qui disent &laquo;&nbsp;je suis musulman&nbsp;&raquo; et non pas &laquo;&nbsp;je suis français&nbsp;&raquo; c&#8217;est effrayant, on n&#8217;arrive plus à semer un rêve dans la tête des jeunes. La solution : il faut fermer la porte à l&#8217;islamisme politique, le disqualifier même s&#8217;il y est déjà.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong> </strong></span></p>
]]></content:encoded>
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		<title>À CONTRE-CORAN par Caroline Fourest, Le Monde, 23 octobre 2009.</title>
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		<pubDate>Tue, 27 Oct 2009 23:57:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cciel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Correspondance de l'étranger]]></category>

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		<description><![CDATA[Le livre de Djemila Benhabib, Ma vie à contre-Coran (VLB éditions), connaît un vif succès au Canada. Il est en passe de devenir le livre de chevet de tous ceux qui ont fui l&#8217;islamisme pour trouver refuge en Europe. De Paris à Londres en passant par le Québec, avec le débat sur les &#171;&#160;accommodements religieux&#160;&#187;, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;">Le livre de Djemila Benhabib, <em>Ma vie à contre-Coran</em> (VLB éditions), connaît un vif succès au Canada. Il est en passe de devenir le livre de chevet de tous ceux qui ont fui l&#8217;islamisme pour trouver refuge en Europe. De Paris à Londres en passant par le Québec, avec le débat sur les &laquo;&nbsp;accommodements religieux&nbsp;&raquo;, l&#8217;auteur suit à la trace un mal qu&#8217;elle croyait derrière elle. Elle s&#8217;étonne d&#8217;une certaine naïveté face à l&#8217;intégrisme. Suffit-il de présenter le voile comme un acte de liberté, de déguiser ses mots et son projet, pour que l&#8217;intolérance soit tolérée ?</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Djemila Benhabib est immunisée contre cet angélisme. Connaître l&#8217;histoire de l&#8217;islam politique ayant ravagé l&#8217;Algérie aide à décoder le double discours des intégristes. Le grand mérite de son livre est de nous transmettre cette histoire et ce regard. Il en a un autre : démontrer l&#8217;immense responsabilité du pouvoir algérien dans la montée de l&#8217;islamisme.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><a href="http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/10/23/a-contre-coran-par-caroline-fourest_1257902_3232.html"> Lire la suite sur Le Monde&#8230;</a></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><a href="http://www.cciel.ca/a-contre-coran-avec-djemila-benhabib/">Lire l&#8217;entrevue de Louise Mailloux avec Djemila Benhabib en avril 2009.</a></span></p>
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		<item>
		<title>INTERVIEW DE DJEMILA BENHABIB par Hakim Arabdiou</title>
		<link>http://www.cciel.ca/interview-de-djemila-benhabib/</link>
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		<pubDate>Thu, 15 Oct 2009 21:22:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cciel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Correspondance de l'étranger]]></category>
		<category><![CDATA[Textes]]></category>
		<category><![CDATA[djemila benhabib]]></category>

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		<description><![CDATA[


L’ouvrage, ma Vie à   contre-Coran : une femme témoigne sur les islamistes, de Djemila   Benhabib, est devenu un best-seller au Québec.   Cette œuvre en est à sa 4e réédition, depuis mars 2009, date de sa parution.Quant à Djemila, elle est devenue une   figure incontournable du paysage politique [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<table border="0" cellpadding="0">
<tbody>
<tr>
<td><span style="color: #000000;"><a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/livre-vie-a-contre-coran-une-femme-temoigne-sur-les-islamistes/739" target="_blank">L’ouvrage, <em>ma Vie à   contre-Coran : une femme témoigne sur les islamistes</em>, de Djemila   Benhabib</a>, est devenu un best-seller au Québec.   Cette œuvre en est à sa 4e réédition, depuis mars 2009, date de sa parution.Quant à Djemila, elle est devenue une   figure incontournable du paysage politique et médiatique québecois. Elle   vient d’être hissée dans le Club des 100 femmes les plus influentes du Québec   par le magazine <em>Chatelaine</em>.   Les médias font souvent appel à son expertise pour expliquer des phénomènes   complexes qui touchent à l’islamisme politique, les droits des femmes,   l’immigration et le vivre-ensemble.On la qualifie de voie percutante et   nuancée qui fait preuve d’un grand courage dans la défense de ses idéaux :   l’égalité des sexes, la laïcité et la justice sociale.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Elle a été notamment remarquée pour ses   prises de position pour l’adoption d’une charte de la laïcité au Québec.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Elle effectuera du 10 au 31 octobre 2009   une tournée à travers la France pour la promotion de son livre, à l’occasion   du lancement vers le 15 octobre de l’édition française. Elle reviendra en   France le 11 novembre prochain pour être honorée de son combat par deux   organisations féministes françaises au siège du Sénat.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">C’est avec grand plaisir, nous dit-elle,   qu’elle accepte de répondre à ces questions pour les lecteurs de <em>Respublica.</em></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Hakim Arabdiou :</strong> vous avez écrit dans la dernière partie de votre livre qu’un jour vous vous   êtes mise devant le clavier de votre ordinateur et vous ne vous êtes plus   arrêtée d’écrire, d’écrire… jusqu’à la fin de votre livre : <em>Ma Vie à contre-Coran</em>… Est-ce   aussi non prémédité que cela ?</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Djemila Benhabib :</strong> L’acte d’écrire se fait en plusieurs phases, il est l’un des éléments qui   viennent à la fin du processus d’écriture. Pour ma part, je n’avais jamais   pensé à écrire un tel livre. Cela ne veut pas dire pour autant que je n’avais   jamais réfléchi à toute cette problématique qu’est l’islamisme politique,   loin de là. La preuve en est, lorsque le moment d’écrire est venu, ma plume   glissait sur les pages sans pouvoir s’arrêter. Cette réflexion m’habite   depuis la plongée de l’Algérie dans le chaos des années 1990. Pour vous dire   vrai, elle m’obsède depuis l’éclatement de la violence en Occident au tout   début des années 2000.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>H.A :</strong> On retrouve finalement au Canada, en France et dans tous les pays   démocratiques la même complicité active ou passive envers les islamistes de   la part de certains responsables des pouvoirs publiques ou parapubliques, et   de certaines associations progressistes. Les mêmes qui sont souvent strictes   s’agissant des intégristes d’autres confessions.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>D. B : </strong>Vous   faites bien de le souligner. Ces bien-pensants nous disent que l’intégrisme,   lorsqu’il est judéo-chrétien, est infréquentable ; par contre lorsqu’il est   musulman, on doit s’en accommoder et voire même le chouchouter. Ces gens-là   oublient que les premières victimes de l’islamisme politique sont d’abord et   avant tout les musulmans au sein même de leur pays et qu’un soutien aux   islamistes en Occident n’encourage surtout pas l’émergence d’un courant   démocratique en Orient, puisque cela revient à conforter des régimes   tyranniques d’une part et les islamistes de l’autre. Quant à moi, j’ai une   aversion profonde à l’égard de tous les intégrismes, car ils se rejoignent   tous quelque part et se nourrissent mutuellement les uns des autres jusqu’aux   sphères onusiennes. Puis, tout compte fait, lorsque l’on a goûté un peu à   l’intégrisme, comme moi, en Algérie, à travers le système éducatif, la place   faite aux femmes et aux laïques, on ne peut qu’avoir une répulsion profonde   pour ce type de pensée.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>H. A :</strong> On découvre au passage dans votre livre les agissements des intégristes juifs   au Canada, un intégrisme que l’on connaît moins bien.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>D.B : </strong>L’intégrisme   juif au Canada s’exprime surtout à travers les demandes d’accommodements de   la communauté hassidique qui vit en vase clos dans des quartiers spécifiques   de Montréal par exemple, ou encore de Toronto. Ces demandes d’accommodement   heurtent de plein fouet les valeurs intrinsèques de toute démocratie, à   savoir l’égalité des sexes, la laïcité, la même justice pour tous et le droit   à une instruction publique laïque. A titre d’exemple, les hassidiques ont   demandé à la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) que les   évaluatrices cèdent leur place à leurs collègues masculins pour faire passer   les examens de conduite aux juifs hassidiques… et l’ont obtenu jusqu’à ce que   ça fasse scandale, et que la SAAQ recule. Voilà une société d’État qui bafoue   l’égalité des sexes au nom des accommodements que certains présentent comme   raisonnables, et qui dans les faits ne sont que l’expression même de notre   renoncement à nos valeurs les plus profondes. Des exemples comme ça, je peux   vous en citer des dizaines. C’est en cela que ces demandes nous interpellent.   J’aimerais tout de même ajouter ceci par rapport à l’intégrisme juif : bien   que ses valeurs rejoignent les autres formes d’intégrisme, ses stratégies   sont différentes. Les hassidiques ne sont pas prosélytes comme le sont les   islamistes. Ils fonctionnent en système fermé et ne veulent pas s’intégrer au   reste de la société. Je ne dis pas cela dans un esprit d’indulgence à l’égard   des hassidiques mais plutôt pour rendre compte de la complexité des   phénomènes intégristes.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>H. A :</strong> Vous avez tenu, comme nombre d’intellectuels, de théologiens et de militants   laïques des pays musulmans, à rappeler que l’islamisme n’est pas l’islam,   afin de ne pas relayer la propagande des islamistes comme le font à leur   insu, certains adversaires de l’islamisme.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>D.B : </strong>Selon   ma perspective, l’islamisme politique est une dérive de l’Islam. Par   ailleurs, à la question de savoir si l’islam peut devenir ce qu’est devenu le   christianisme, c’est-à-dire une religion circonscrite dans le domaine privé   dans la plupart des pays occidents, cela relève de la capacité des musulmans à   inventer leur siècle des Lumières pour que leur religion vive son   aggiornamento. C’est à ce moment-là seulement que l’islam retrouvera la paix   avec lui-même. Aujourd’hui, quoi qu’on en dise, c’est au nom de cette   religion que l’on assassine, lapide, fouette, tranche des têtes et égorge de   pauvres innocents. Ceci est franchement insupportable!</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>H. A :</strong> Vous avez également poussé dernièrement un coup de gueule contre la   présidente de la Fédération des femmes du Québec, qui a accepté le port du   hidjab dans la fonction publique québécoise. Pouvez-vous nous en dire   davantage ?</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>D.B :</strong> Le 9 mai dernier, la Fédération des femmes du Québec, avec la complicité de   deux organisations islamistes, dont l’une est « Présence musulmane » qui   n’est autre que la caisse de résonnance de Tariq Ramadan en Amérique du Nord,   a organisé une assemblée générale spéciale, à laquelle j’ai participé, qui a   adopté une résolution pour offrir la possibilité aux fonctionnaires le port   des signes religieux ostentatoires dans la fonction publique québécoise. J’ai   publié une lettre ouverte, dès le lendemain, pour dénoncer cette position.   Cette lettre intitulée « J’accuse la FFQ de trahir le combat des femmes » a   été largement diffusée à travers la plupart des médias québécois. Il s’en est   suivi des échanges entre la présidente de la FFQ et moi-même pendant une   semaine largement repris dans la presse, et qui a fini par discréditer   l’organisation des femmes et a provoqué un tollé de protestations. Mme   Pelchat, la présidente du Conseil du statut de la femme, a énergiquement   dénoncé cette résolution, les éditrices du site Sisyphe, le mouvement laïque   québécois, le mouvement des Humanistes ainsi que plusieurs personnalités de   la société civile et du monde politique, dont plusieurs députés. Une conférence   de presse a été tenue et la promulgation d’une Charte de la laïcité au Québec   a été lancée par un collectif de citoyens ainsi qu’une pétition sur le site   du Sisyphe.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Entretien réalisé par Hakim Arabdiou</span></p>
<h1><span style="color: #000000;"><a href="http://www.gaucherepublicaine.org/lettres/respublica_lettre-622.htm#titre-8" target="_blank">http://www.gaucherepublicaine.org/lettres/respublica_lettre-622.htm#titre-8</a></span></h1>
</td>
</tr>
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		<title>QUAND HONNEUR RIME AVEC TERREUR&#8230; par Marie-Hélène Patrice</title>
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		<pubDate>Thu, 15 Oct 2009 18:04:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cciel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Correspondance de l'étranger]]></category>
		<category><![CDATA[danemark]]></category>
		<category><![CDATA[immigrante]]></category>
		<category><![CDATA[marie hélène patrice]]></category>

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Le 30 septembre 2009, à la une des nouvelles, une jeune femme de 18 ans racontait anonymement sa peur et son dégoût pour l’examen gynécologique qu’elle aurait à subir d’un jour à l’autre. Ses parents, voulant savoir la valeur de leur fille sur le marché du mariage, lui avaient annoncé qu’elle devra se soumettre au [...]]]></description>
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</strong></span></p>
<p align="center"><span style="color: #000000;"><strong> </strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le 30 septembre 2009, à la une des nouvelles, une jeune femme de 18 ans racontait anonymement sa peur et son dégoût pour l’examen gynécologique qu’elle aurait à subir d’un jour à l’autre. Ses parents, voulant savoir la valeur de leur fille sur le marché du mariage, lui avaient annoncé qu’elle devra se soumettre au test de virginité. La jeune fille a eu la présence d’esprit de communiquer avec les médias et de leur faire part de sa peur face à ce test où elle est sûre d’échouer, ayant un copain depuis bientôt deux ans, bien entendu d’une autre origine culturelle et religieuse que la sienne! Elle craint les représailles qu’une telle découverte aurait pour elle : isolement et rejet de la part des membres de sa famille et des autres familles du « milieu », peut-être même de la violence à son égard. De ses propres mots : <em>« Si on m’obligeait à passer ce test, j’échouerais et je ne pourrais plus jamais regarder les membres de ma famille dans les yeux que je devrais garder baissés en leur présence. Je trouve ça ridicule et c’est pourquoi j’ai voulu parler aux médias. Trop de filles souffrent à cause de cette coutume ».</em></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Cet « incident », vite retiré des médias, se passe au Danemark. Le copain en question est danois et la jeune fille, on le devine, d’origine « arabe » et musulmane. Le plus aberrant dans toute cette histoire, c’est que des médecins danois acceptent de faire passer un tel examen à des jeunes filles, cédant ainsi aux pressions de leurs parents. De plus, pour que le certificat soit valide, il doit être signé par quatre médecins. Comment se fait-il qu’un pays démocratique, égalitaire et socialiste comme le Danemark permette l’émission d’un tel certificat ?</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Une travailleuse sociale et infirmière tente de sensibiliser la population avec son site web  <a title="http://www.nymoedom.dk" href="http://www.nymoedom.dk/">www.nymoedom.dk</a> (traduction : newvirginity.com) qu’elle a créé dans le but d’entrer en contact avec des jeunes filles aux prises avec ce problème. <em>« Les filles sont terrorisées à l’idée d’aller chez le médecin pour passer cet examen parce que beaucoup d’entre elles ne sont plus vierges » raconte Kristina Aamand à la chaine de nouvelles  « DR Nyheder »</em>. Kristina Aamand reçoit au-delà de 50 demandes par mois, dont le tiers porte sur la question du certificat de virginité.  Plusieurs forums de discussion pour les jeunes, où le test de virginité est discuté, insistent sur le fait que même si les médecins « mentent » et attestent la virginité d’une jeune fille dans le but de la protéger, les parents risquent de la forcer à le refaire dans son pays soi-disant « d’origine » (même si elle est née au Danemark).</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Et tout ce cirque pour une question « d’honneur ».  L’honneur de quoi ?  Quel honneur ont ces parents qui soumettent leur enfant à pareille absurdité ?</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong> Marie-Hélène Patrice, immigrante au Danemark, mécanicienne de bateau</strong></span></p>
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