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	<title>CCIEL &#187; Textes</title>
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		<title>Les droits religieux prépondérants? par Jean François Bouthillette, Forum, UdeMNouvelles, 8 novembre 2010</title>
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		<pubDate>Sat, 20 Nov 2010 15:27:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cciel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>

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		<description><![CDATA[Quoi qu&#8217;on en dise, les droits religieux pèsent plus lourd que d&#8217;autres droits fondamentaux au Québec et au Canada. C&#8217;est en tout cas l&#8217;idée qui s&#8217;est dégagée des discussions entre les plus éminents spécialistes québécois du droit constitutionnel, réunis à l&#8217;Université de Montréal le 5 novembre dernier à l&#8217;occasion du cinquième congrès annuel de leur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;">Quoi qu&#8217;on en dise, les droits religieux pèsent plus lourd que d&#8217;autres droits fondamentaux au Québec et au Canada. C&#8217;est en tout cas l&#8217;idée qui s&#8217;est dégagée des discussions entre les plus éminents spécialistes québécois du droit constitutionnel, réunis à l&#8217;Université de Montréal le 5 novembre dernier à l&#8217;occasion du cinquième congrès annuel de leur association. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Dans leurs présentations successives, les constitutionalistes invités se sont dits d&#8217;avis «qu&#8217;il existe bien une hiérarchie des droits fondamentaux, qui résulte de la façon dont les tribunaux canadiens ont tranché jusqu&#8217;ici les litiges», a résumé Daniel Turp, professeur à la Faculté de droit de l&#8217;UdeM et président de l&#8217;Association québécoise de droit constitutionnel.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">«Ce n&#8217;est pas reconnu officiellement, a-t-il poursuivi. Le discours politique laisse entendre qu&#8217;il n&#8217;y a pas de hiérarchie des droits, mais ce discours ne résiste pas à l&#8217;épreuve de l&#8217;analyse de la jurisprudence. Les décisions rendues tendent bien à accepter que certains droits, particulièrement les droits religieux, ont préséance sur d&#8217;autres.»</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Tour à tour, les spécialistes Jean-François Gaudreault-Desbiens (UdeM), Frédéric Mégret (Université McGill) et Louis-Philippe Lampron (Université Laval) ont abordé la question tantôt sous l&#8217;angle du droit comparé, tantôt sous l&#8217;angle du droit constitutionnel québécois et canadien.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">De l&#8217;analyse qui constitue sa thèse de doctorat, M. Lampron tire la conclusion que les tribunaux canadiens, et la Cour suprême au premier chef, ont accordé dans leurs jugements une importance prépondérante aux libertés religieuses.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Le projet de loi 94 débattu</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;">C&#8217;est un débat sur le projet de loi 94 de l&#8217;Assemblée nationale du Québec, qui cherche à encadrer les réponses des organismes publics et parapublics aux demandes d&#8217;accommodements, qui a conclu la journée.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Christiane Pelchat, présidente du Conseil du statut de la femme, et Nathalie Des Rosiers, de l&#8217;Association canadienne des libertés civiles, y ont défendu des points de vue diamétralement opposés.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Mme Pelchat a salué le projet de loi, qui propose selon elle des balises nécessaires pour encadrer les réponses des administrateurs publics aux demandes d&#8217;accommodements religieux. Comme son organisme l&#8217;a soutenu dans un mémoire déposé à l&#8217;Assemblée nationale, elle considère toutefois qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un geste encore insuffisant, et qu&#8217;il faut pousser plus loin le débat sur la laïcité au Québec.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La combattive présidente du Conseil du statut de la femme se réjouit néanmoins que le gouvernement prenne position par une loi. «Jamais une cour ne s&#8217;est prononcée sur un conflit entre l&#8217;égalité des sexes et les droits religieux, a-t-elle souligné. Or, ce projet de loi précise qu&#8217;un accommodement raisonnable doit respecter l&#8217;égalité entre les hommes et les femmes et la neutralité religieuse de l&#8217;État; ce n&#8217;est certainement pas inutile.»</span></p>
<p><span style="color: #000000;">C&#8217;est précisément ce qui effraie Nathalie Des Rosiers, qui qualifie le projet de loi de «dangereux» à cause notamment de son article 6, qui prévoit que pour recevoir des services publics une personne devra avoir «le visage découvert».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Suivant les canons du multiculturalisme, elle a signalé que le rôle d&#8217;une société libérale était plutôt d&#8217;encourager l&#8217;épanouissement des membres de communautés culturelles et religieuses en limitant le moins possible leur participation à la vie  en société.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La professeure de droit de l&#8217;Université d&#8217;Ottawa a dit craindre qu&#8217;en refusant des services à des femmes portant le niqab «on envoie aux femmes musulmanes le message qu&#8217;elles doivent choisir entre leurs convictions religieuses et des services de santé ou l&#8217;éducation de leurs enfants».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">«Je partage entièrement l&#8217;avis de Mme Des Rosiers, a indiqué le philosophe Daniel M. Weinstock, qui assistait au débat. Le risque, c&#8217;est d&#8217;enfermer ces femmes-là dans un ghetto. Il faut se demander si l&#8217;on aide vraiment ces femmes, les plus vulnérables de la société, en les traitant ainsi au nom des droits des femmes.»</span></p>
<p><span style="color: #000000;">«Le droit à l&#8217;égalité entre les sexes est un droit éminemment démocratique, a rétorqué Christiane Pelchat. Il ne peut pas être contraint par des lois religieuses!»</span></p>
<p><span style="color: #000000;">À ses yeux, c&#8217;est justement l&#8217;accent mis sur le multiculturalisme par l&#8217;article 27 de la Charte canadienne des droits et libertés qui pousse les tribunaux à donner la préséance à la liberté de religion vis-à-vis d&#8217;autres principes, comme l&#8217;égalité entre les hommes et les femmes.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Commentant ce débat relevé et la discussion qui a suivi, l&#8217;organisateur du congrès, Daniel Turp, a déclaré que «ça montre en tout cas qu&#8217;au Québec il n&#8217;y a pas de consensus sur ces questions!»</span></p>
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		<title>L&#8217;islam n&#8217;est pas misogyne, par Malek Chebel, Le Point.fr, 21 octobre 2010</title>
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		<pubDate>Sat, 20 Nov 2010 15:24:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cciel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>

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		<description><![CDATA[






Comment libérer les femmes de l&#8217;oppression fondamentaliste.
Depuis dix ans, le statut de la femme en islam ne cesse de régresser. Cela est dû essentiellement à la généralisation de l&#8217;islam politique et au triomphe d&#8217;un populisme vert entièrement dominé par des valeurs refuges et le repli identitaire qui s&#8217;ensuit. D&#8217;un côté, la femme est le bouc [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<table border="0" cellspacing="0" cellpadding="0">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<table style="height: 1077px;" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" width="609">
<tbody>
<tr>
<td><span style="color: #000000;">Comment libérer les femmes de l&#8217;oppression fondamentaliste.</p>
<p>Depuis dix ans, le statut de la femme en islam ne cesse de régresser. Cela est dû essentiellement à la généralisation de l&#8217;islam politique et au triomphe d&#8217;un populisme vert entièrement dominé par des valeurs refuges et le repli identitaire qui s&#8217;ensuit. D&#8217;un côté, la femme est le bouc émissaire des fondamentalistes ; de l&#8217;autre, elle est considérée comme le phare de toutes les réformes sociales, le meilleur indice du progrès humain. Les fondamentalistes ayant gagné la partie, ce ne sont pas les réformes à la Bourguiba qui se sont imposées, mais celles des oligarchies les plus sombres, c&#8217;est-à-dire celles qui visent à enfermer le sujet féminin dans un rôle traditionnel strict, en invalidant le plus possible son rôle public.</p>
<p>L&#8217;islam étant à la fois une religion et une culture, les musulmans n&#8217;imaginent pas combien les humanistes du monde entier, y compris ceux qui aiment ou respectent la religion du Prophète, peuvent être révulsés par le statut que l&#8217;aile conservatrice de leur religion accorde à la femme. D&#8217;ailleurs, l&#8217;incompréhension et la haine de l&#8217;islam se nourrissent mécaniquement à cette mamelle empoisonnée. Il en résulte un grand nombre d&#8217;amalgames, qu&#8217;une série d&#8217;incidents récents ont de nouveau alimentés : la burqa, la lapidation, l&#8217;excision, la polygamie, les éventuelles amputations de la main ou de la langue (encore inscrites dans les Codes civils des pays qui observent la charia), la menace de la flagellation et l&#8217;exigence fantasmée de la virginité de la femme au moment du mariage, alors que chacun sait qu&#8217;elle n&#8217;est pas obligatoire en islam, le Prophète s&#8217;étant marié quasi exclusivement avec des femmes non vierges. Comment donc accepter qu&#8217;une femme puisse être lapidée sans s&#8217;émouvoir des images dégradantes pour elle et pour l&#8217;islam tout entier ? Comment ne pas comprendre que la lapidation est un signe rétrograde des plus choquants, une insulte à la dignité humaine ? Les lois anciennes doivent évoluer de façon à ne plus avoir pour équivalent qu&#8217;une peine très symbolique ou même une relaxe systématique. Car le risque est de condamner différemment l&#8217;infidélité féminine et l&#8217;infidélité masculine. C&#8217;est cette injustice sociale que la loi doit corriger.</p>
<p>Iniquités. Car on ne peut pas dire d&#8217;un côté que l&#8217;islam est une religion de tolérance &#8211; ce que je pense vraiment &#8211; et de l&#8217;autre couvrir ce type d&#8217;infamie. On ne peut pas dire d&#8217;un côté que l&#8217;islam milite pour la liberté individuelle et de l&#8217;autre cautionner les milliers d&#8217;esclaves qui continuent à servir d&#8217;obscurs esclavagistes, ivres de leur richesse matérielle et impunis. Enfin, le scandale des scandales : l&#8217;excision. Comment accepter, encore aujourd&#8217;hui, que des milliers de jeunes filles puissent être charcutées dans le plus grand silence sans que l&#8217;Onu, la Ligue arabe, l&#8217;Organisation de la conférence islamique et tous les gouvernements en place, les ONG et toutes les autorités morales se soulèvent ensemble contre cette barbarie ? Comment accepter que la femme musulmane soit encore considérée dans beaucoup de pays arabes, du Yémen à l&#8217;Arabie en passant par le Soudan et même l&#8217;Egypte, comme un &nbsp;&raquo; être impur &nbsp;&raquo; dont il faut extirper le mal, c&#8217;est-à-dire le clitoris, au moyen d&#8217;une lame de rasoir ? D&#8217;aucuns vont même jusqu&#8217;à requérir l&#8217;avis complaisant d&#8217;imams suffisamment criminels pour assimiler cette opération à un acte de piété (sunna).</p>
<p>Il y a de la sorte toute une série d&#8217;iniquités liées à la femme au seul prétexte qu&#8217;elle est née femme, donc une &nbsp;&raquo; subversion &nbsp;&raquo; potentielle, une fitna : l&#8217;héritage inégal entre le garçon et sa soeur, le voile de la femme qui était un simple signe de pudeur dans les tribus anciennes et qui devient une loi contraignante, y compris pour la collégienne dans son collège, la burqa ou comment incarcérer dans son vêtement un être vivant. Sans parler du cortège d&#8217;impossibilités à tous les niveaux : interdiction de voyager seule, interdiction de circuler librement, interdiction de sortir de chez elle, interdiction d&#8217;exercer la moindre responsabilité publique, interdiction dans certains cas de choisir son conjoint, etc. Jamais depuis une période antédiluvienne la poussée fondamentaliste n&#8217;a eu autant d&#8217;impact sur les lois nationales, et sur la conscience individuelle du musulman. En outre, tous les pays musulmans sont, à des degrés divers, touchés par ce phénomène, et par la couardise qui l&#8217;accompagne. Certains régimes autoritaires, peu légitimes en effet, et voulant coûte que coûte garder le pouvoir, sont prêts à vendre leur âme à bas prix. Ils préfèrent pactiser avec les tenants de l&#8217;ordre moral le plus obsolète, avec ses exciseurs et ses polygames, aux dépens des règles minimales du vivre ensemble, allant jusqu&#8217;à fouler les Constitutions de papier qu&#8217;ils ont édictées en grande pompe au début de leur règne. Tous ces pièges se sont fermés en une seule fois sur la femme et la poussent à vivre désormais comme une paria.</p>
<p>La femme ne s&#8217;en sortira un jour que lorsqu&#8217;elle décidera par elle-même de récuser le modèle dominant, dans lequel les misogynes de tout poil, y compris les misogynes à col blanc, l&#8217;enferment et l&#8217;embastillent. Est-ce vraiment cet état de fait qu&#8217;elle désire et que des mouvements anachroniques nous présentent comme une antithèse de la &nbsp;&raquo; turpitude occidentale &nbsp;&raquo; ? Plus le garrot est serré, plus le misogyne atteint vite sa jouissance. Bien sûr, l&#8217;islam n&#8217;y est pour rien. Mais cette assertion n&#8217;est valable que si les musulmans, tous les musulmans, se décidaient enfin à réviser leurs jugements, revoir leur opacité et battre sur leur propre terrain les oiseaux de mauvais augure, les faiseurs de fatwa, les ennemis irréductibles de la liberté individuelle, les geôliers de la femme, ceux qui ont la phobie du changement et tout autre rapace ayant planté ses serres dans le corps affaibli et peu instruit de la masse arabe. Aux femmes et aux hommes épris de lumière de se battre contre l&#8217;inquisition et le hooliganisme de ces théologiens réactionnaires. Se battre contre ces archaïsmes, et contre tous les usages sournois qui nous viennent du fond des âges, c&#8217;est aussi une façon de rendre plus lumineuse une religion que tout un chacun spolie et déforme. Des faits comme l&#8217;excision, la polygamie et la lapidation sont inacceptables au regard de la dignité la plus élémentaire des hommes où qu&#8217;ils se trouvent sur cette petite terre, et à quelque obédience qu&#8217;ils appartiennent.</p>
<p>Il faut tirer la sonnette d&#8217;alarme, au plus haut niveau de la conscience humaine. Dire par exemple que tous ceux qui participent à la boucherie que représente l&#8217;excision sont des criminels de droit commun, des assassins de jeunes filles, des bourreaux qui infligent des souffrances gratuites à des êtres sans défense. Ce sont tout simplement des taches rédhibitoires pour l&#8217;islam, des flétrissures, que tout musulman épris de modernité doit récuser énergiquement. Cependant, une question des plus gênantes demeure : jusqu&#8217;à quand le croyant musulman, même s&#8217;il est sincère, même s&#8217;il ignore tout de la charia, acceptera-t-il que de telles ignominies puissent être perpétrées en son nom et de laisser pérorer ,comme ils le font aujourd&#8217;hui, les avocats de la misère, les assassins de vie ?</span></td>
</tr>
</tbody>
</table>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
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		<title>Organisation féminine et organisation féministe, par Hakim Arabdiou, ReSPUBLICA, 2 octobre 2010</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Nov 2010 14:30:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cciel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On observe fréquemment l’emploi à tort comme synonymes, des termes féminine et féministe. Ce sont pourtant deux notions différentes, car l’une n’implique pas forcément l’autre, et inversement.
L’épithète «féminine » concerne exclusivement le genre humain, en l’occurrence féminin, composant une organisation, mais aussi une section d’un parti, d’une armée, d’une entreprise, etc. En revanche, l’épithète « [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;">On observe fréquemment l’emploi à tort comme synonymes, des termes féminine et féministe. Ce sont pourtant deux notions différentes, car l’une n’implique pas forcément l’autre, et inversement.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L’épithète «féminine » concerne exclusivement le genre humain, en l’occurrence féminin, composant une organisation, mais aussi une section d’un parti, d’une armée, d’une entreprise, etc. En revanche, l’épithète « féministe » renvoie aux idéaux de modernité, ayant trait à l’égalité totale en droit et en dignité entre les hommes et les femmes.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Aussi, une organisation féminine peut ne pas être féministe, et peut même être antiféministe, comme il existe chez les Evangélistes, les Juifs ultra-orthodoxes, les islamistes… Inversement, une organisation peut parfaitement (du moins dans l’absolu) ne pas être féminine, mais mériter largement le qualificatif de féministe, si ses adhérents consacrent l’essentiel de leurs actions à la lutte pour l’égalité totale entre les sexes.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Il arrive toutefois que des féministes prennent des positions antiféministes, comme on l’a constaté, lors par exemple de la bataille, de 2003-2004, en France ; bataille relative à la défense du caractère laïque de l’Ecole publique, par le refus du port du voile islamiste en son sein. Ces féministes avaient pris fait et cause pour les intégristes musulmans, qui voulaient manipuler l’islam à cette fin, au grand dam de la grande majorité des musulmans, et surtout des musulmanes de France.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pour autant, ces positions antiféministes font-elles des intéressées des antiféministes ? Non ! Le Nouveau parti anticapitaliste, de tendance trotskiste, mais aux positions pro-islamistes notoires, se trouve dans la même situation. A-t-il cessé d’être de gauche ? Assurément, non !</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Il en est de même, mais en sens inverse, de quelques rares associations –féminines- islamistes en France, en Occident et dans quelques pays musulmans. Ces associations avancent un certain nombre de revendications effectivement féministes.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">C’est ainsi qu’elles affirment qu’elles partent de leur corpus théologique musulman, afin de déboucher sur une conception universaliste de la défense des droits des femmes. Ceci par le biais d’une relecture non machiste de l’islam. Autrement dit, leur substitution progressive d’une interprétation égalitaire de l’islam entre croyante et croyant, à un islam fait par les hommes (musulmans) et pour les hommes (musulmans).</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pour autant, ces revendications et proclamations font-elles de celles-ci des organisations féministes ? Non ! Car leur discours et surtout leur pratique politiques demeurent, malgré tout, à prédominance antiféministe. D’abord, par leur dénigrement systématique des féministes universalistes, auxquels elles doivent pourtant une partie de leurs droits, ainsi que des valeurs de la modernité, qu’elles assimilent par ignorance à l’Occidenlisme. Elles sont confortées en cela par certaines féministes européennes et Nord américaines, inféodées aux islamistes, quand il s’agit d’islam.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">On ne les entend guère non plus prendre la défense des musulmanes opprimées en France et à travers le monde.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Encore récemment, on les a vues s’opposer à une loi interdisant le hidjab intégral, voile qu’elles reconnaissent qu’il n’a rien d’islamique. Ou bien leur silence coupable devant la condamnation à mort par le régime théocratique iranien de Madame Sakineh Mohammadi Ashtiani, par la méthode barbare de la lapidation, conformément à la « chari’a ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Elles sont en revanche actionnées, comme des marionnettes, par les hommes islamistes, pour faire la promotion ou tenter d’imposer au nom de l’islam des revendications attentatoires à certains droits des musulmanes, tant leurs consciences sont encore aliénées aux intégristes musulmans.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Seront-elles un jour des organisations authentiquement féministes ? Possible ! Si elles parviennent à se délester complètement de leurs autres interprétations machistes de l’islam ; et à s’émanciper de leur chaperonnage politique, idéologique et intellectuel par les partis intégristes, comme ont réussi à le faire la majorité des chrétiennes du mouvement du christianisme social.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Il faudrait pour cela que s’aiguisent davantage les contradictions au sein même de la mouvance islamiste, comme c’est prévisible, grâce entre autres à l’irrésistible ascension des femmes dans toutes les sphères des sociétés musulmanes et d’Occident.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">C’est une tendance lourde qui se dessine d’ores et déjà, et à laquelle nous devons, en tant que féministes et progressistes, y prêter attention.</span></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Un groupe demande l&#8217;interdiction du niqab, par Tommy Chouinard, La Presse, 2 novembre 2010</title>
		<link>http://www.cciel.ca/le-cciel-a-la-commission-parlementaire/</link>
		<comments>http://www.cciel.ca/le-cciel-a-la-commission-parlementaire/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 02 Nov 2010 17:18:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cciel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[(Québec) Comme la France, le Québec devrait interdire le port du voile intégral dans tout l&#8217;espace public, estime le Collectif citoyen pour l&#8217;égalité et la laïcité (CCIEL).
De passage en commission parlementaire hier, la cofondatrice de ce groupe, Louise Mailloux, a jugé «trop timide» le projet 94 sur les demandes d&#8217;accommodement dans l&#8217;administration publique.
L&#8217;article 6 de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>(Québec) Comme la France, le Québec devrait interdire le port du voile intégral dans tout l&#8217;espace public, estime le Collectif citoyen pour l&#8217;égalité et la laïcité (CCIEL).</p>
<p>De passage en commission parlementaire hier, la cofondatrice de ce groupe, Louise Mailloux, a jugé «trop timide» le projet 94 sur les demandes d&#8217;accommodement dans l&#8217;administration publique.</p>
<p>L&#8217;article 6 de ce projet de loi prévoit que les personnes qui donnent et celles qui reçoivent un service public doivent avoir «le visage découvert» lors de la prestation du service. Le CCIEL veut que le gouvernement soit «ferme face aux intégristes» et recommande une «interdiction générale du voile intégral au Québec».</p>
<p>Le niqab n&#8217;est pas qu&#8217;un «simple vêtement», il «symbolise l&#8217;oppression des femmes» et représente «l&#8217;étendard de l&#8217;islam politique le plus radical», a affirmé Louise Mailloux, professeure de philosophie. L&#8217;autre cofondatrice du CCIEL est Djemila Benhabib, auteure du livre Ma vie à contre-Coran.</p>
<p>La position de ce collectif va plus loin que celle du Parti québécois. Ce dernier veut interdire le port de signes religieux ostentatoires &#8211; dont le niqab &#8211; chez les employés de l&#8217;État; le port du voile intégral resterait permis dans l&#8217;espace public.</p>
<p>À l&#8217;opposé du CCIEL, l&#8217;Association canadienne pour les libertés civiles trouve «inquiétant» l&#8217;article 6 du projet de loi. Il pourrait avoir pour effet de priver des musulmanes qui portent le niqab d&#8217;obtenir des services ou de travailler dans le secteur public, a déploré sa porte-parole, l&#8217;avocate Nathalie Des Rosiers.</p>
<p>De son côté, la Fédération des commissions scolaires du Québec a donné son appui au projet de loi 94. Sa présidente, Josée Bouchard, a toutefois demandé au gouvernement d&#8217;encadrer l&#8217;octroi de congés pour des motifs religieux en modifiant la Loi sur les normes du travail.</p>
<p>Comme les conditions de travail sont encadrées par des conventions collectives, l&#8217;octroi de congés religieux à des membres du personnel peut être perçu comme un privilège et suscite parfois des «tensions», a-t-elle noté.</p>
<p> </p>
<p>Pour écouter la présentation: <a href="http://www.assnat.qc.ca/fr/video-audio/AudioVideo-33133.html" target="_blank">Le Cciel présente son mémoire</a></p>
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		<title>Djemila Benhabib : « Ma tête, je la veux libre de tous les tabous » par Ahmed Ancer, El Watan.com, 25 ocotbre 2010</title>
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		<pubDate>Sat, 30 Oct 2010 21:24:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cciel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Djemila Benhabib, l’auteur du livre Ma vie à contre-coran, dont une première publication est parue en 2008 au Québec, maintenant  réédité par les éditions Koukou  de Arezki Aït Larbi et mis sur le marché algérien depuis samedi, est à Alger pour la promotion de son ouvrage.

Hier, Djemila Benhabib était à Tizi Ouzou où elle a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p id="chapo"><strong><span style="color: #000000;">Djemila Benhabib, l’auteur du livre Ma vie à contre-coran, dont une première publication est parue en 2008 au Québec, maintenant  réédité par les éditions Koukou  de Arezki Aït Larbi et mis sur le marché algérien depuis samedi, est à Alger pour la promotion de son ouvrage.</span></strong></p>
<div id="texte">
<p><span style="color: #000000;">Hier, Djemila Benhabib était à Tizi Ouzou où elle a passé quelques heures à dédicacer son livre, après l’avoir fait dimanche à Alger. Nous avons profité de ce passage dans la capitale algérienne pour poser quelques questions sur la portée de son livre.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><em><strong>-Djemila, pourquoi un livre au pas de charge sur l’islamisme à partir du Canada ?</strong></em></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pour une raison très simple, c’est qu’au début des années 2000, on a vu, au Canada, particulièrement au Québec, une montée de lait du religieux qui revendiquait un certain nombre d’accommodements telles des salles de prière dans les universités ou des repas conformes au rite musulman, des congés le vendredi, sans parler de la prolifération des voiles islamiques. D’ailleurs à ce propos, il était surprenant de constater que des femmes arrivaient sans voile et qu’elles commençaient à le porter après leur installation. Ces demandes de se soustraire à la norme commune, au nom de la liberté religieuse cachent, en réalité, quelque chose de plus pernicieux. Il y a là tous les ingrédients de l’idéologie islamiste que je connais bien, contrairement à beaucoup de mes concitoyens canadiens.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La grande majorité des Québécois sont inquiets de l’intrusion du religieux dans la vie publique et ne veulent pas qu’on offre des privilèges au nom de la liberté religieuse parce que disent-ils, si nous vivons ensemble, nous devons être égaux et cette égalité doit prévaloir dans tous les aspects de la vie. J’avoue que  je souscris à cette façon de concevoir la citoyenneté et c’est donc naturellement que je participe à ce débat à travers mon livre. Après tout, la démocratie ce n’est pas un paillasson.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><em><strong>-Ma vie à contre-coran , voilà un titre-choc dont on ne retrouve pas toute la teneur en lisant le livre, l’avez-vous choisi pour frapper les esprits ?</strong></em></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Je voulais que ce titre puisse traduire un peu la femme que je suis. Je suis plutôt une personne qui s’inscrit dans l’audace et le renouvellement et non dans le courant dominant. Y a-t-il un mal à cela ? Les gens qui volent ou qui tuent dans ce pays se cachent-ils pour le faire ? Absolument pas. Le dernier des Algériens sait qu’un tel est corrompu ou que tel autre est un assassin. Pourtant, ces gens-là vivent le plus normalement du monde et n’expriment aucune gêne. Ce sont leurs comportements qui doivent nous choquer et nous révolter et non pas la liberté de ton d’un intellectuel, d’un écrivain ou d’un artiste qui elle, par ailleurs, est absolument nécessaire et vitale pour la réflexion.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Finalement, si quelqu’un comme moi, qui vit à l’étranger dans un certain confort, disons-le comme ça, ne va pas jusqu’au bout de soi-même, qui le fera ? La liberté c’est beaucoup dans sa propre tête que ça se passe. L’aliénation aussi d’ailleurs. Ma tête, je la veux libre de tous les tabous. Les autres finiront par l’accepter. S’ils ne l’acceptent pas, c’est leur problème mais pas le mien.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><em><strong>-A ce propos et avec le détachement que vous permet la vie en Occident, croyez-vous que l’Islam soit un frein à l’évolution de la société musulmane ?</strong></em></span></p>
<p><span style="color: #000000;">J’ai envie de dire oui et non ! L’Islam tel qu’il est institutionnalisé maintenant par les régimes et par les groupes islamistes est un frein terrible. Il constitue une chape de plomb épouvantable sur la société. Nous avons des gestionnaires de la religion. Des officiels qui nous disent ce qu’il faut écrire, comment il faut penser, ce qu’il faut dire à nos enfants, ce qu’il faut manger, à quel moment, et surtout tout ce qu’il ne faut pas faire. L’imam se mêle de tout. Il sait tout. Il a un avis sur tout.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Cet état de fait est imposé par des régimes qui utilisent l’Islam pour bâillonner, casser et faire plier les sociétés. On l’a bien vu en Egypte, on le voit très bien en Algérie, en Syrie, en Iran, en Arabie Saoudite et partout ailleurs dans le monde arabe et musulman. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il est absolument nécessaire de séparer le religieux du politique, sans cela nul progrès n’est possible. La laïcité s’impose comme une étape historique de notre cheminement.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><em><strong>-Justement et à commencer par le religieux, votre livre dénonce tous les archaïsmes et notamment le sort fait aux femmes, comment sortir d’une situation qui marginalise et oppresse la moitié de la société ?</strong></em></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Les femmes, dans une conjoncture de régression, sont les premières à subir les effets de cette dernière pour une raison très simple, c’est qu’à travers le regard qu’on porte sur elles et le statut qu’elles ont dans une société on sait si on est en démocratie ou dans un semblant de démocratie ou encore dans une dictature. Hé bien, dans le monde arabe et musulman on ne fait pas semblant d’opprimer les femmes, on les opprime franchement. On prend même du plaisir à le faire. Pour ma part, je sais qu’il n’y a aucune fatalité à opprimer les femmes. L’oppression, la tyrannie, la soumission ne sont certainement pas des attributs fixés pour l’éternité comme le disait si bien le grand poète turc Nazim Hikmet dans un magnifique poème : la tyrannie n’est pas éternelle .</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><em><strong>-Il y a actuellement, et on le voit dans votre livre, une jonction entre islamisme et nationalisme vulgaire qui constitue une chape de plomb sur la société. Comment peut-on dépasser cette situation de blocage ?</strong></em></span></p>
<p><span style="color: #000000;">On a fait du bricolage idéologique à partir du nationalisme depuis cinquante ans et l’on a rajouté un autre ingrédient explosif qui est l’Islam. Alors, l’un dans l’autre ça a produit, comme le dit Ahmed Arkoun, l’ignorance institutionnalisée. L’Etat est devenu une succursale de la mosquée. Je ne vois pas de sortie de crise possible sans une rupture avec le système actuel, en l’occurrence ces pouvoirs successifs et toute cette classe politique qui gravite autour. A vrai dire, il y a une limite à faire du neuf avec du vieux. Qu’attendre d’un système qui est totalement insensible aux cris de désespoir des jeunes en particulier ?</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Comment ne pas être bouleversé par ce phénomène des harraga  ? Comment peut-on gouverner sans pour autant se soucier de la misère sociale et du chômage ?  Comment peut-on continuer à siéger dans un Parlement qui n’a aucun pouvoir si ce n’est celui de servir de légitimité à un président qui a changé la Constitution pour se perpétuer au pouvoir ? Pourtant ce système continue de se boucher les oreilles et de fermer les yeux. Jusqu’à quand ?</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><em><strong>-Votre livre vous a ouvert une nouvelle étape dans votre vie. Vous avez eu beaucoup d’activités au Canada,</strong></em><br />
<em><strong>en Europe également, quel bilan tirez-vous de tout cela ?</strong></em></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ce livre là, je l’ai écrit par devoir de mémoire. Pour que l’on n’oublie pas cette expérience algérienne absolument tragique, qui a une portée universelle. Moi, je veux faire connaître cette expérience à travers le monde partout où je suis invitée, en portant les voix de tous ceux et celles qui ont cru qu’on peut vivre autrement dans ce pays, qui continuent d’ailleurs de le croire et qui continuent de se battre au quotidien pour faire vivre des embryons de liberté et de démocratie.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><em><strong>-Avez-vous d’autres projets, notamment d’écriture ?</strong></em></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Oui, il y a des projets d’écriture qui sont encore à l’état embryonnaire ; cela prendra probablement la forme d’un essai. Mais ceci étant, je suis encore dans la promotion de ce bouquin, j’ai fait le tour au Canada, j’ai fait différentes opérations de promotion en France, je reviens de Belgique, je retourne les jours prochains en France et j’irai en Allemagne et en Italie.</p>
<p></span></div>
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		<title>Lettre ouverte de Ralph Giordano à Christian Wulff, président fédéral de l’Allemagne, 24 octobre 2010</title>
		<link>http://www.cciel.ca/lettre-ouverte-de-ralph-giordano-a-christian-wulff-president-federal-de-l%e2%80%99allemagne-24-octobre-2010/</link>
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		<pubDate>Sat, 30 Oct 2010 21:18:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cciel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>

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		<description><![CDATA[(le président fédéral —Bundespräsident — est le chef de la république fédérale d’Allemagne. Il a essentiellement un rôle honorifique et de représentation. Le pouvoir exécutif est exercé par le chancelier fédéral, Angela Merkel actuellement)
Ralph Giordano, 84 ans, est un écrivain juif allemand fort respecté en Allemagne. Survivant de l’holocauste, il a échappé à la déportation.
 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><em>(le président fédéral —Bundespräsident — est le chef de la république fédérale d’Allemagne. Il a essentiellement un rôle honorifique et de représentation. Le pouvoir exécutif est exercé par le chancelier fédéral, Angela Merkel actuellement)</em></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Ralph Giordano, </strong>84 ans, est un écrivain juif allemand fort respecté en Allemagne. Survivant de l’holocauste, il a échappé à la déportation.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Monsieur le Président,</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Vous avez déclaré :<em> «Il ne fait aucun doute que le christianisme fait partie de Allemagne. Il ne fait aucun doute non plus que le judaïsme </em><em>fait partie de</em><em> Allemagne. C’est notre héritage judéo-chrétien. Mais l’islam fait également partie de l’Allemagne. »</em></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Cette phrase extraite de votre discours du 3 octobre 2010, prononcé à l’occasion du 20e anniversaire de la réunification de l’Allemagne, révèle — de manière inquiétante — par sa généralisation péremptoire une telle ignorance de la réalité, et le mélange prématurés de systèmes foncièrement différents, qu’il laisse sans voix.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Je n’aurai pas la prétention de vous donner des cours de rattrapage en histoire, mais la naïveté avec laquelle vous faites correspondre l’islam réel avec cet islam dont vous rêvez qui serait en conformité avec l’Europe, est si évidente qu’il est nécessaire de s’opposer vigoureusement à vos déclarations.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L’islam politique et militant est incapable d’intégration. L’islam “en général” est déjà assez problématique en lui-même… Il n’a jusqu’à présent apporté aucune réponse convaincante à la question de savoir s’il est compatible avec la liberté d’expression, avec l’égalité des sexes, le pluralisme, la séparation de l’Église et l’État… En un mot, avec la démocratie.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">En raison d’une politique d’immigration qui a radicalement échoué, les noires nuées qui alourdissent le ciel du 21e siècle touchent aujourd’hui directement l’Allemagne. Deux cultures totalement étrangères l’une à l’autre, et qui se trouvent à des étapes de développement très différentes, sont entrées en collision.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La première est  judéo-chrétienne. Après des temps sombres, suivis par la Renaissance, les Lumières, les révolutions bourgeoises et leurs suites &#8211; le modèle libéral a prévalu: un bond prodigieux vers l’avant.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L’autre est islamique. Après une ère de rayonnement culturel qui pourrait faire honte à l’Occident, elle demeure encore aujourd’hui,  avec toutes ses variations internes, marquée par une stagnation générale et marquée du sceau d’un archaisme patriarcal : une culture de stricte obéissance, hostile à la laïcité, hantée par l’inégalité des sexes, le contrôle parental et une déférence aveugle aux autorités religieuses.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">C’est la collision entre une culture qui limite sévèrement la liberté personnelle, guidée par la tradition et la religion et une autre qui &#8211; après de longues aberrations &#8211; s’est bâtie sur l’individualisme, le christianisme, et qui est pourtant  laïque. D’énormes obstacles se dressent dans cette confrontation, et ce sont les musulmans eux-mêmes qui les pointent du doigt.</p>
<p></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le grand écrivain turc Zafer Senocak, portant un coup de scalpel à l’endroit le plus douloureux, a déclaré :</span></p>
<p><span style="color: #000000;">«Il  n’existe pratiquement aucun ecclésiastique musulman, et encore moins de croyants (musulmans) laïcs, volontaires pour analyser le problème central des processus de pensée issus de la foi. Ils ne sont pas prêts à opérer une analyse critique de leur propre tradition, à faire une comparaison sans concession entre leur foi et les réalités de la société moderne.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le stoïque Abbas Baydoun, rédacteur en chef depuis de nombreuses années du journal quotidien libanais “As-Safi, ” s’aventure lui aussi sur les terres dangereuses de la libre auto-critique:</span></p>
<p><span style="color: #000000;">“Beaucoup d’entre nous cherchent des excuses pour ne pas nous regarder dans le miroir, afin de nous épargner de contempler un visage terrible, le visage d’un autre islam, un islam de l’isolement et de la violence aveugle , qui peu à peu l’emporte et deviendra bientôt notre vrai visage, point culminant de l’illusion. “</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Songez, Monsieur le Président,  aux “versets sataniques” de Salman Rushdie au regard de vos déclarations solennelles. Il existe des  musulmans qui ne rejettent pas sur les autres la faute des malheurs qu’ils s’infligent à eux-mêmes, qui n’accusent pas  «l’Europe» ou «le grand satan américain» ou «le petit satan isrélien.” Des musulmans qui clouent au pilori l’incapacité du monde islamique à réfléchir sur lui même. Ils désignent clairement leurs propres élites comme les vrais responsables de la crise. Ils expriment ce qu’aucun non-musulman n’ose dire : <strong>ce n’est pas l’immigration, mais bien l’islam qui est le problème !</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Une grande partie de l’humanité, mûre pour la révolution — la «umma», la communauté musulmane, aussi diverse soit-elle — menace de suffoquer de son immobilisme et de son arriération culturelle et religieuse. Une autre sinistre perspective peut être ajoutée : que dire de l’effrayante petite caste de ces clinquants milliardaires du pétrole au rutilant cynisme… Comme le déclare Orham Pamuk : “Cela ne peut pas bien se passer”</span></p>
<p><span style="color: #000000;">En Allemagne également, Monsieur le Président, il existe des voix musulmanes qui considèrent avec un certain scepticisme votre inclusion de la culture islamique dans la culture judéo-chrétienne. Le théologien iranien Hamideh Mohaghegni prévient <em>“que les modifications internes de l’islam en vue d’en faire un islam européen prendra vingt à trente ans, et qu’il est encore bien douteux de savoir si c’est cet islam européen qui l’emportera, ou s’il sera vaincu par l’islam traditionnel.”</em></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Une autre voix demande instamment que l’on prête attention à l’opinion des peuples et affronte de façon critique les sociétés musulmanes et les fonctionnaires des organisations islamiques. C’est celle du Dr Ezhar Cezairli, membre de la conférence allemande sur l’islam:</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><em>«Je trouve compréhensible que des gens, sans être d’extrême-droite, aient peur de l’islamisation »</em> . Plus loin :<em> «Il est dangereux pour l’avenir de l’Allemagne que certains hommes politiques, par leur ignorance des organisations islamiques, soient en train de céder sur les fondements de notre société. “</em></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Rapportez donc tout cela à tous les fraterniseurs universalistes, à tous les borgnes xénophiles, à tous les romantiques sociétaux, aux “cœurs-qui-saignent” professionnels, aux apôtres de la tolérance, dont le dorlotage systématique se poursuit, même après l’affaire Thilo Sarrazin, comme s’il s’agissait d’une idylle multiculturelle que quelques actions socio-thérapeutiques pourraient soigner .</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Qu’il n’y ait pas de malentendu, Monsieur le Président: il reste de notre intérêt et de notre honneur national de protéger tous les immigrés ou étrangers de la peste du racisme et de ses dérivés. Dans le même temps, il est de notre devoir civique de nous protéger contre les tendances, les coutumes, les habitudes et les traditions de la minorité turco-arabe qui, au-delà des faux-semblants, sont négatives, voire hostiles à la liberté de notre république démocratique et à son gouvernement constitutionnel.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">«Il est de notre devoir civique de nous protéger contre les tendances, les coutumes, les habitudes et les traditions de la minorité turco-arabe qui, sont négatives, voire hostiles à la liberté .»Les obstacles décisifs à l’intégration proviennent de la minorité musulmane elle-même, même si vous faites l’hypothèse que la majorité d’entre eux sont pacifiques. Il est toujours inquiétant de voir avec quelle rapidité d’e gigantesques manifestations peuvent être organisées dans le monde islamique dès que des musulmans se sentent insultés ou attaqués. Et combien en revanche sont silencieuses les organisations locales et les fidèles des mosquées, quand, par exemple, trois personnes travaillant dans une société imprimant la Bible sont massacrés en Turquie, quand des religieuses chrétiennes sont exécutées en Somalie, ou quand des chrétiens du Pakistan attendent d’être exécutés pour avoir enfreint des  «lois sur le blasphème». Un silence glacial…</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Les problèmes d”intégration et d’immigration exigent un langage critique et sans peur. Où en sommes-nous à ce sujet, alors que nous craignons d’être étiquetés “xénophobes” si nous défendons nos propres valeurs? Qu’il nous faut aller jusqu’à éviter de dire qu’une culture paternaliste — où l’individu n’est rien , et où la famille et la communauté religieuse sont tout &#8211; est hostile à l’intégration?</span></p>
<p><span style="color: #000000;">« En quoi cela est-il mal de dire que ce n’est pas l’attrait du travail mais l’attrait des prestations sociales qui, dans d’innombrables cas, est à l’origine de l’immigration ? »</span></p>
<p><span style="color: #000000;">En quoi cela est-il mal de dire que ce n’est pas l’attrait du travail mais l’attrait des prestations sociales qui, dans d’innombrables cas, est à l’origine de l’immigration ?</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><em>« L’islam fait également partie de l’Allemagne »</em> avez-vous dit. Vraiment ?</p>
<p></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ayez conscience qu’il n’est pas sans danger d’exprimer des doutes à ce sujet &#8211; je sais de quoi je parle. L’islam ne connaît pas la méthode critique. C’est pourquoi la critique est assimilée à une insulte. Ce qui ne siginifie pas qu’il n’existe pas de musulmans critiques.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">J’apporte ma contribution à leur côté, à ces femmes courageuses que sont Necla Kelek, Seyran Ates, Mina Ahadi, Ayaan Hirsi Ali &#8211; et tous les autres musulmans pacifiques dans le monde.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Un post-scriptum à ma motivation: en tant que survivant de l’Holocauste, je connais la différence entre l’Allemagne hitlérienne et la République fédérale. Sa démocratie est sacrée pour moi, parce que c’est là seulement que je me sens en sécurité.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Par conséquent, quiconque la menace me menace, qu’il soit musulman, chrétien ou athée.</span></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Laïcité et sécularisation, par Hakim Arabdiou, journaliste, lesoirdalgerie.com, 21 octobre 2010</title>
		<link>http://www.cciel.ca/laicite-et-secularisation-par-hakim-arabdiou-journaliste-lesoirdalgerie-com-21-octobre-2010/</link>
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		<pubDate>Mon, 25 Oct 2010 00:26:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cciel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La laïcité est souvent confondue avec la sécularisation. Ce sont pourtant deux processus différents. Bien que se recoupant, convergeant et se nourrissant mutuellement, ils diffèrent néanmoins partiellement, tant par leurs objets et leurs champs d’expression, que par leurs modalités d’application. 
 On le sait, la laïcité est avant tout un ordre juridique ou institutionnel de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;">La laïcité est souvent confondue avec la sécularisation. Ce sont pourtant deux processus différents. Bien que se recoupant, convergeant et se nourrissant mutuellement, ils diffèrent néanmoins partiellement, tant par leurs objets et leurs champs d’expression, que par leurs modalités d’application. </span></p>
<p><span style="color: #000000;"> On le sait, la laïcité est avant tout un ordre juridique ou institutionnel de séparation entre les Eglises et l’Etat. Toutefois, son objet concerne aussi les particularismes ethniques, linguistiques… ainsi que l’athéisme. La référence aux seules religions dans la définition de cet ordre juridique s’explique par des causes historiques : en Europe, l’Eglise fut de loin le plus sûr moyen d’oppression des consciences et parfois des corps (l’Inquisition).C’est pourquoi, dans un Etat laïque, ce sont les lois civiles qui sont en vigueur dans la sphère publique. Pour autant, le citoyen ne cesse pas nécessairement d’être croyant d’une quelconque religion, dans la sphère privée. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Quant à la sécularisation, qui a pour synonyme la déconfessionnalisation, son objet consiste en la disparition progressive et définitive des religions de la vie des hommes. Son champ d’application s’étend aussi bien à la sphère publique, avant tout par la substitution de lois civiles aux lois religieuses, qu’à la sphère privée. Dans cette dernière sphère, et contrairement à la laïcité, la sécularisation consiste là aussi en un processus d’évolution des consciences et des sociétés humaines, ainsi que des Etats, s’étendant sur des siècles, comme ce fut le cas des sociétés européennes, où le phénomène s’est enclenché avec la Renaissance, il y a quelque six siècles, et s’est accéléré depuis le XVIIIe siècle, avec la révolution industrielle et l’avènement de la philosophie des Lumières. De même qu’elle peut prendre des formes et des rythmes différents, voire contradictoires. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ainsi, des raisons historiques, socioéconomiques et culturelles, l’ampleur et l’intensité des luttes politiques, sociales et féministes, ainsi que leurs impacts sur les consciences font qu’elle soit par exemple assez avancées chez telles couches sociales (généralement, les couches moyennes) et/ou dans tel pan du droit étatique, tout en coexistant pendant plusieurs décennies ou générations avec les pratiques cultuelles, et les pratiques sociales, d’inspiration religieuse. Néanmoins, les individus, les peuples et les Etats cesseront alors peu à peu de s’inspirer des religions dans leurs pratiques sociales, puis celui d’exercer leurs cultes, et finiront par perdre la foi. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">En Occident, berceau et vecteur de la sécularisation et de la modernité, la déconfessionnalisation a entraîné historiquement l’émancipation de plusieurs domaines, en l’occurrence la science, la philosophie, le droit, les arts, une bonne partie de la morale, avec les libertés sexuelles, d’avortement et du libre choix de procréation, de notables progrès en matière d’égalité entre les hommes et les femmes, même s’il reste beaucoup à faire. Une étude prospective réalisée en 2000 sur l’état de la France nous apprend l’extinction, d’ici à trente ans, du personnel ecclésiastique dans ce pays, faute de vocation. Cette crise de la vocation a d’ores et déjà commencé à atteindre aussi le judaïsme français. Elle ne manquera pas d’atteindre également l’islam en France, en Occident et dans les pays musulmans, d’ici à quelques générations seulement. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Plus généralement, la déconfessionnalisation des Etats et des populations est appelée, dans les décennies et générations à venir, à se muer en phénomène planétaire, de plus en plus visible, même dans des pays où le poids des religions est encore étouffant, écrasant, comme dans les pays du golfe arabo-persique, l’Iran, le Pakistan… par exemple. Ceci en dépit du regain des intégrismes, notamment musulman, que ses tenants nomment sahwa islamique (autre mystification politico-idéologique, car laissant croire à une innocente ferveur religieuse), et de leurs alter ego, en Europe, les partis populistes, version soft de l’extrême droite (soft et trompeuse, comme l’expression d’islamistes modérés). </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pour ce qui est de la perte de terrain amorcée de cette confession, ce ne sont pas les laïques, les agnostiques et les athées des pays musulmans ou originaires de ces pays qui en sont les plus conscients, mais les idéologues islamistes qui le sont. Ces petits soldats, aux consciences aliénées au service d’une fraction des capitalistes musulmans, tentent (vainement) de s’en prémunir en voulant «islamiser la modernité» (islamisation fondée sur la chari’aréactionnaire), notamment par la création d’une «science islamique». Ils ont, entre autres, ouvert à cet effet, en 1981, en Amérique du Nord, l’International Institute of Islamic Thought.</p>
<p></span></p>
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		<title>La laïcité a-t-elle tué l’athéisme ? par Louise Mailloux, professeure de philosophie, 1er octobre 2010</title>
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		<pubDate>Sat, 16 Oct 2010 23:15:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cciel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Allocution présentée au Congrès nord-américain
de l’Alliance athée internationale et Humaniste athée
 


 
Le siècle des Lumières fut sans contredit l’âge d’or de la critique antireligieuse et si on y regarde de plus près, on constate aussi qu’il nous a donné un bien curieux mélange. Alors qu’une gauche matérialiste et radicalement athée avec d’Holbach et Diderot [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"><strong>Allocution présentée au Congrès nord-américain</strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"><strong>de l’Alliance athée internationale et Humaniste athée</strong></span></p>
<p align="center"><span style="color: #000000;"><strong> </strong></span></p>
<p align="center"><span style="color: #000000;"><strong><br />
</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong> </strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le siècle des Lumières fut sans contredit l’âge d’or de la critique antireligieuse et si on y regarde de plus près, on constate aussi qu’il nous a donné un bien curieux mélange. Alors qu’une gauche matérialiste et radicalement athée avec d’Holbach et Diderot a précipité la mort de Dieu et prédit la disparition des religions, une droite, anticléricale certes, mais déiste avec en tête Locke et Voltaire nous a donné la laïcité, la condamnation de l’athéisme et le respect des religions.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">De cette laïcité issue des Lumières, nous en avons retenu l’idée de tolérance, oubliant qu’à l’origine, celle-ci ne tolérait que les religions. En effet, pour John Locke reconnu comme étant le théoricien de la tolérance, les athées n’étaient pas des gens dignes et fiables avec lesquels on pouvait bâtir une société. Écoutons-le dans sa fameuse <strong><em>Lettre sur la tolérance (1686)</em></strong><em> </em>considéré comme le texte fondateur de la laïcité : «<em>Ceux qui nient l’existence d’un Dieu ne doivent pas être tolérés, parce que les promesses, les contrats, les serments et la bonne foi, qui sont les principaux liens de la société civile, ne saurait engager un athée à tenir sa parole; et que si l’on bannit du monde la croyance d’une divinité, on ne peut qu’introduire aussitôt le désordre et la confusion générale. D’ailleurs, ceux qui professent l’athéisme n’ont aucun droit à la tolérance sur le chapitre de la religion, puisque leur système les renverse toutes». </em>Le moins que l’on puisse dire ici, c’est que si le souverain ne peut plus imposer sa religion, il a tout de même encore besoin d’elle pour maintenir l’ordre et régner sur ses sujets. Que chacun prie comme il veut, soit mais il faut prier!</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><em> </em></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Cet argument qui présente l’athéisme comme étant plus nocif que les religions et qui laisse croire qu’il faut une religion au peuple, sera repris par Voltaire qui jugeait qu’une société d’athées est impossible puisqu’il n’y aurait plus aucun frein moral à transgresser les lois humaines. Voici ce qu’il  nous dit dans son  <strong><em>Dictionnaire philosophique (1764)</em></strong><em> </em>: <em>«Il est clair que la sainteté des serments est nécessaire, et qu’on doit se fier davantage à ceux qui pensent qu’un faux serment sera puni, qu’à ceux qui pensent qu’ils peuvent faire un faux serment avec impunité». </em>Et d’en rajouter avec l’ironie qu’on lui connaît sur l’immoralité légendaire des athées lorsqu’il écrit: <em>«Je ne voudrais pas avoir affaire à un prince athée qui me ferait piler dans un mortier».</em> Bien que Voltaire considère l’athéisme moins funeste que le fanatisme religieux en ce qu’il ne produit pas de passions sanguinaires, il le condamne tout comme Locke pour cause d’immoralité. Une bien mauvaise réputation pour les athées qui a commencé avec le divin Platon et qui encore aujourd’hui persiste et laisse croire que seules les religions sont garantes de la morale et que seuls les croyants peuvent prétendre à la vertu. Comme si nous avions besoin de la Bible pour savoir qu’il est préférable de ne pas tuer son prochain.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Alors que c’étaient les croyants qui avaient mis l’Europe à feu et à sang, ce sont les athées que l’on a cru bon de ne pas tolérer. Trouver l’erreur! Pour Locke, la neutralité de l’État laïque et sa nécessaire tolérance vis-à-vis les religions tenait à son incapacité de savoir ce qu’était la vie bonne, à son ignorance en matière spirituelle et donc à son incompétence concernant le soin des âmes. Il est tout de même étonnant qu’une pareille ignorance fut «ignorée» quant vint le tour de l’athéisme. Étonnant que l’État redevienne soudainement compétent et… intolérant.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">En proposant la séparation de l’Église et de l’État, les philosophes déistes ont combattu le cléricalisme et pris la place des curés pour bannir l’athéisme, ne protégeant alors que la liberté religieuse. Mais, me direz-vous, les temps ont bien changé car aujourd’hui, la neutralité de l’État laïque garantit la liberté de conscience, assurant le respect et l’égalité en droits des croyants comme des athées, et que c’est bien grâce à cette laïcité, si ceux-ci peuvent maintenant vivre leurs convictions au grand jour sans subir de préjudice. C’est  l’appréciation habituelle que les athées font de la laïcité, n’y trouvant somme toute que des vertus. Avec vous aujourd’hui, je voudrais examiner d’un peu plus près ces vertus, particulièrement le statut que cette laïcité a assigné à l’athéisme et en dégager quelques conséquences, pour ne pas dire quelques défauts.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Se pourrait-il que cette laïcité qui a mis fin aux guerres de religions et contribué avantageusement à pacifier l’Europe ait en même temps désamorcé la charge tonifiante de l’athéisme au point de ruiner sa fonction critique? La laïcité aurait-elle desséché l’athéisme? L’a-t-elle tué?<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L’égalité politique des croyances religieuses et de l’athéisme dans l’espace public a des répercussions insoupçonnées sur le plan épistémologique. Mettre sur le même plan, la religion et l’athéisme, c’est mettre à égalité la foi et la raison, mettre à égalité la superstition et la science, mettre à égalité l’un et son contraire. D’un côté les croyants, de l’autre les incroyants. Il y a ceux qui croient que Dieu existe et les autres qui «croient» qu’il n’existe pas. Voilà tout ce beau monde assis bien gentiment les uns aux côtés des autres, chacun avec sa croyance. C’est le vivre-ensemble laïque. La fameuse ouverture dont on se vante tant lorsqu’on nous accuse d’être fermé au pluralisme.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">C’est drôlement vrai, il n’y a pas plus inclusif que la laïcité. L’embêtant, c’est qu’un tel relativisme présente l’athéisme comme une croyance, une sorte de croyance à l’envers mais une croyance tout de même. Une croyance parmi d’autres. Une option possible du buffet laïque qui, par exemple, met dans la même assiette le créationnisme et le darwinisme. Après tout, les gens choisiront ce qu’ils veulent. Autant dire alors que la science ne vaut pas mieux que la religion. D’Holbach pourtant affirmait que l’athéisme n’est justement pas une attitude religieuse mais bien une attitude scientifique vis-à-vis l’univers.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">En présentant l’athéisme comme un choix possible parmi d’autres, la laïcité a dissocié l’athéisme de la science et occulté cette distinction fondamentale entre la foi et la raison, le vrai et le faux et miné la supériorité de la science sur la religion, faisant ainsi perdre à l’athéisme son assise et sa force subversive si nécessaire à la critique des religions.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ce relativisme rendra aussi plus difficile la critique des religions qui s’efface derrière le respect de celles-ci, craignant d’être accusé d’un manque de respect envers les croyants, de porter atteinte à leur liberté de conscience ou pire encore de blasphémer. Ce qui place l’athéisme dans une position de retrait et neutralise la radicalité de sa critique envers les religions et leurs écrits. À ce point que les athées laïques s’aventurent rarement dans cette direction, préférant le confort du vivre-ensemble laïque à la dure confrontation des idées. D’Holbach dans <strong><em>La contagion sacrée (1768)</em></strong> écrivait : «<em>Doit-on des ménagements à des systèmes d’erreurs et de préjugés dont les principes primitifs sont d’interdire l’usage de la raison, de fermer ses yeux à la vérité, de se haïr soi-même, de détester tous ceux qui ne voient pas des chimères des mêmes yeux, d’enivrer les mortels d’espérances frivoles et de craintes désespérantes sans les rendre plus vertueux?</em>» D’un point de vue laïque, cela m’a tout l’air que oui!<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ce respect excessif dont jouissent les religions auquel Richard Dawkins fait allusion au tout début de son ouvrage <strong><em>Pour en finir avec Dieu</em></strong> <strong><em>(2006) </em></strong>prend sa source chez les penseurs déistes des Lumières. On le retrouve même dans le rapport Bouchard-Taylor où il est dit que quiconque affirme que les religions sont dépassées porte atteinte à la liberté de conscience. Tolérance zéro! Qui cherche-t-on à museler ici, sinon les athées?<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Outre la laïcité, un autre événement majeur est survenu à l’époque des Lumières, qui à mon avis, a affaibli l’athéisme et c’est celui du criticisme kantien. Dans son texte <strong><em>Le conflit des facultés</em></strong><strong><em>(1798) </em></strong>Kant va rompre avec des siècles de philosophie thomiste dans laquelle la science était fondamentalement liée à la religion et la philosophie à la théologie. Kant va en quelque sorte laïciser la raison en la séparant de la foi, nous expliquant que raison et foi sont deux magistères radicalement différents qui ne se rencontrent d’aucune façon et qu’il faut donc éviter de confondre. Ainsi la science et la philosophie peuvent dorénavant affirmer leur autonomie par rapport à la théologie. Cette nouvelle façon d’articuler les rapports entre la foi et la raison a réjoui bien des athées, y inclus D’Holbach puisqu’elle permettait à la raison de s’émanciper et de ne plus être étouffée par la foi.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le hic, et c’est là que j’y vois un recul de l’athéisme, c’est qu’en affranchissant la raison, Kant en a fixé les bornes et limité les prétentions. Désormais, la science ne peut plus rien dire à propos de Dieu simplement parce que cela ne relève pas de son champ de compétences. Les athées se retrouvent donc ici avec une science qui ne leur sert à rien tout comme dans l’incapacité théorique d’affirmer rationnellement que Dieu n’existe pas. Cet habile tour de chapeau du chrétien Kant en plus d’avoir mis l’idée de Dieu à l’abri des critiques de la science a du même coup forcé les athées à se replier dans une position rationnelle plus faible qui est celle de l’agnosticisme et réduit leur athéisme à n’être plus qu’une posture affective et irrationnelle en face de l’existence. Vous conviendrez qu’ici, on n’est pas loin de la croyance et que nous sommes aussi à des années-lumière d’un Lucrèce ou d’un d’Holbach qui croyaient résolument que la connaissance de la nature à travers le développement des sciences ferait progressivement disparaître la religion.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Mais que peut la raison sans la foi? Saint-Paul ne disait-il pas dans sa deuxième épître aux Corinthiens : «<em>Pour l’homme qui n’est pas empli de l’Esprit, les choses du monde spirituel sont absurdes et ne peuvent être comprises.» </em> N’est-ce pas de cela dont les deux derniers Papes ont essayé de nous convaincre? Que la raison sans la foi s’égare et se dessèche? Jean-Paul II dans son encyclique <strong><em>Fides et ratio</em></strong> <strong><em>(1998)</em></strong> a reconnu la nécessité de la raison mais en insistant sur l’importance de s’ouvrir à nouveau à la foi puisqu’ultimement toute vérité vient de Dieu. Qu’il faut donc rétablir le dialogue puisque selon lui, il n’y a pas d’incompatibilité entre la foi et la raison. Et n’était-ce pas aussi cela qui était au cœur du discours de Ratisbonne de Benoît XVI en 2006 lorsqu’il disait que le criticisme kantien a éloigné la raison de la foi en lui donnant un caractère purement instrumental, rendant ainsi  la raison inapte à répondre aux questions existentielles que l’homme se pose. Bref que les sciences ont besoin des lumières de la théologie.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Derrière cette incomplétude de la raison sur laquelle les croyants insistent tant, se cache un refus de l’autonomie de celle-ci, le refus d’un monde dans lequel les sciences seraient les seules dépositaires du vrai. Nous retrouvons également cette même idée lorsqu’on accuse la modernité d’anomie, de nihilisme et de relativisme moral, allant même jusqu’à tenir la raison responsable de la violence, de la pornographie, de l’avortement et de l’homosexualité. La raison s’est trop rapprochée du singe et trop éloignée de la foi, nous disent les croyants. Il faut donc réconcilier ce que Kant avait séparé. Et comment les croyants font-ils cela?<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Bien concrètement, cela signifie recruter et financer largement partout à travers le monde des intellectuels de haut calibre, des scientifiques réputés (dont les astrophysiciens Hubert Reeves et Trinh Xuan Thuan) et des gens très en vue des médias dans le but de réfléchir aux implications métaphysiques des découvertes scientifiques afin de réconcilier les sciences avec la religion. Les membres de ce groupe, fort du respect dont ils jouissent, s’impliquent dans diverses activités à l’échelle internationale et en profitent pour diffuser une vision spiritualiste des sciences. C’est entre autres ce à quoi s’active une organisation française qui se nomme l’Université interdisciplinaire de Paris (UIP) dont une des sources importantes de financement est la riche fondation américaine John Templeton, bien connue pour subventionner et récompenser d’un Nobel et demi, ceux qui sont gentils avec les religions, avec qui l’UIP a établi un étroit partenariat depuis l’an 2000. Est-il besoin de rappeler que Charles Taylor, philosophe catholique, fut récipiendaire de ce prestigieux prix l’année même qu’il présida la fameuse Commission qui a recommandé sans surprise pour le Québec une laïcité ouverte aux religions?<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Réconcilier la foi et la raison, cela signifie aussi formater les jeunes esprits en poursuivant la bataille pour limiter l’enseignement du darwinisme dans les écoles ou à tout le moins, avec le dessein intelligent, maquiller le créationnisme en science pour le présenter comme une alternative scientifique valable. Rien de moins que de réintroduire de la transcendance dans le monde du vivant. Connecter le surnaturel au naturel pour sortir la Bible et le Coran et moraliser la vie de tout le monde.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le début de ce siècle connaît un regain de ferveur religieuse sans précédent et il ne faudrait surtout pas sous-estimer les moyens financiers, les organisations et les réseaux éducatifs et communicationnels dont disposent les croyants, les sites Web attrayants qui pullulent sur la toile, leur capacité d’offrir une vie sociale et communautaire aux plus démunis, celle de mobiliser et d’encadrer les jeunes, d’investir l’école laïque pour promouvoir le créationnisme, de recruter des gens de tous les milieux, de s’engager en politique et d’infiltrer les partis pour faire avancer leur agenda politico-religieux. Tout ceci sans oublier l’ardent prosélytisme et le doux délire qui les animent.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L’offensive est sérieuse et devrait nous inquiéter au plus haut point. Elle se fait principalement sur deux fronts; d’une part, celui du politique avec cette trompeuse laïcité ouverte qui essaie de miner les fondements de la démocratie, de délaïciser l’espace public, de remettre en question le statut des femmes et les acquis de la révolution féministe, de contester les droits des homosexuels, et d’autre part, celui des idées avec cette volonté de revenir à un monde pré-kantien, de présenter la foi comme un savoir légitime, une dimension essentielle qui vient parfaire et compléter ce qui échappe depuis toujours à la raison instrumentale.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Dieu n’est pas mort et contrairement à ce que certains philosophes ont affirmé, il ne mourra pas. Il devient urgent d’en prendre toute la mesure, urgent que les athées sortent de cet engourdissement et de ce mutisme dans lesquels la laïcité nous a confortablement installés, urgent que les athées fassent bien davantage que «de ne pas croire». L’athéisme n’est pas une foi et nous devons retrouver notre assurance, notre intelligence, notre mordant et nous manifester politiquement et intellectuellement. Il y a tant à faire. Nous devons rompre avec une certaine insouciance et quitter absolument la réserve dans laquelle la posture laïque nous a cantonnés pour redevenir à nouveaux pertinents. D’Holbach dans son œuvre a beaucoup insisté sur le courage qui est nécessaire au penseur. Nous devons retrouver ce courage, retrouver cette audace. Et puisque la religion nous ramène au moyen âge, il faudrait à tout le moins que l’athéisme nous ramène au siècle des Lumières. Ainsi, la laïcité, les droits des femmes et les sciences qui sont de fabuleux acquis de la modernité, n’en seront que mieux protégés. Et<em> </em>comme le disait si magnifiquement le poète Jacques Prévert : «<em>Notre Père qui êtes aux cieux, restez-y, et nous, nous resterons sur la terre, qui est quelquefois si jolie»</em></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Montréal, 1 octobre 2010</strong></span></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Islamisme et Islam, par Henri Boulad, s.j.  Tanail (Liban) &#8211; 10 avril 1996</title>
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		<pubDate>Sat, 16 Oct 2010 23:08:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cciel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il y a quelques années, le grand juriste Égyptien Saïd el-Achmaoui publiait son fameux livre &#171;&#160;Al Islam as-siyâssi&#160;&#187; traduit en français sous le titre :&#160;&#187;L&#8217;Islamisme contre l&#8217;Islam&#160;&#187;. Dans cet ouvrage, Achmaoui cherchait à montrer que l&#8217;Islamisme est une déviation, une perversion du véritable Islam, dont l&#8217;orientation est uniquement spirituelle et religieuse.

Je prendrai ici le contre-pied [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;">Il y a quelques années, le grand juriste Égyptien Saïd el-Achmaoui publiait son fameux livre &laquo;&nbsp;Al Islam as-siyâssi&nbsp;&raquo; traduit en français sous le titre :&nbsp;&raquo;L&#8217;Islamisme contre l&#8217;Islam&nbsp;&raquo;. Dans cet ouvrage, Achmaoui cherchait à montrer que l&#8217;Islamisme est une déviation, une perversion du véritable Islam, dont l&#8217;orientation est uniquement spirituelle et religieuse.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Je prendrai ici le contre-pied de la position de Achmaoui en affirmant que  &laquo;&nbsp;L&#8217;ISLAMISME, C&#8217;EST L&#8217;ISLAM&nbsp;&raquo;. Cette affirmation n&#8217;a rien d&#8217;arbitraire ou de fantaisiste. Elle ne relève pas d&#8217;un parti-pris ou d&#8217;une provocation, ni d&#8217;une prise de position fanatique ou intolérante, ni d&#8217;une approche volontairement négative ou réductrice.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Je pense au contraire que cette affirmation est parfaitement cohérente avec l&#8217;histoire et la géographie, avec le Coran et la Sunna, avec la vie de Mohammed et l&#8217;évolution de l&#8217;Islam, avec ce que l&#8217;Islam dit de lui-même.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Je refuse la position de ceux &#8211; musulmans ou chrétiens &#8211; qui se voilent la face, jouent à la politique de l&#8217;autruche, tournent autour du pot, refusent de voir la réalité en toute objectivité, ou prennent leurs désirs pour des réalités, au nom du dialogue et de la tolérance.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">On dira que le problème de l&#8217;Islam est plus complexe, que ma position est simpliste, simplificatrice et tend à l&#8217;&nbsp;&raquo;amalgame&nbsp;&raquo;, comme on dit aujourd&#8217;hui.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Je suis tout-à-fait conscient de la variété des islams. J&#8217;ai même une conférence de deux heures sur &laquo;&nbsp;Les six islams&nbsp;&raquo; où je déploie l&#8217;éventail des différents islams, depuis l&#8217;islam ouvert, libéral, modéré et laïcisant, jusqu&#8217;à l&#8217;islam le plus radical, en passant par le soufisme, l&#8217;islam des confréries et l&#8217;islam populaire.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Je suis parfaitement au courant de toute la tendance actuelle de l&#8217;islam laïc et laïcisant, moderne et modernisant. Je pense malgré tout que ce courant n&#8217;est guère représentatif de l&#8217;islam officiel, de l&#8217;islam orthodoxe et classique, de l&#8217;islam sunnite tel qu&#8217;il s&#8217;est toujours manifesté, tel qu&#8217;il s&#8217;est toujours voulu, tel qu&#8217;il se veut encore aujourd&#8217;hui.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">D&#8217;où le rejet par l&#8217;islam officiel de tous les penseurs et intellectuels qui, cherchant à réinterpréter l&#8217;Islam à la lumière de la modernité, se font taxer d&#8217;hérétiques, d&#8217;apostats ou de déviationnistes.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L&#8217;islamisme n&#8217;est ni une caricature, ni une contrefaçon, ni une hérésie, ni un phénomène marginal et aberrant par rapport à l&#8217;islam classique orthodoxe sunnite.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Je pense au contraire que l&#8217;islamisme, c&#8217;est l&#8217;Islam à découvert, l&#8217;Islam sans masque et sans fard, l&#8217;Islam parfaitement conséquent et fidèle à lui-même, un islam qui a le courage et la lucidité d&#8217;aller jusqu&#8217;au bout de lui-même, jusqu&#8217;à ses dernières implications.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L&#8217;ISLAMISME C&#8217;EST L&#8217;ISLAM DANS TOUTE SA LOGIQUE, DANS TOUTE SA RIGUEUR.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p><span style="color: #000000;">L&#8217;islamisme est présent dans l&#8217;Islam comme le poussin dans l&#8217;oeuf, comme le fruit dans la fleur, comme l&#8217;arbre dans la graine.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Mais, qu&#8217;est-ce que l&#8217;islamisme ?<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L&#8217;islamisme, c&#8217;est l&#8217;islam politique, porteur d&#8217;un projet et d&#8217;un modèle de société visant à l&#8217;établissement d&#8217;un État théocratique fondé sur la charia, seule loi légitime &#8211; parce que divine &#8211; telle que révélée et consignée dans le Coran et la Sunna, une loi qui a réponse à tout.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Il s&#8217;agit là d&#8217;un projet global et globalisant, total, totalisant, totalitaire.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">CAR L&#8217;ISLAM EST UN TOUT: une foi et un culte, un horizon et une morale, un mode de vie et une vision du monde. Intransigeant, il offre le salut ou la perdition.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L&#8217;Islam est LA vérité qui ne supporte pas le doute et ses adeptes forment &laquo;&nbsp;la meilleure des communautés&nbsp;&raquo;.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L&#8217;Islam se veut A LA FOIS RELIGION, ETAT ET SOCIETE &#8211; &laquo;&nbsp;dîn wa dawla&nbsp;&raquo;. Et c&#8217;est ainsi qu&#8217;il a été tel depuis ses plus lointaines origines.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le passage de la Mecque à Médine, qui marque le début de l&#8217;ère musulmane, l&#8217;Hégire, signifie que l&#8217;Islam cesse d&#8217;être une simple religion pour devenir État et société. L&#8217;Hégire est le moment où Mohammed cesse d&#8217;être simple chef religieux pour devenir chef d&#8217;État et leader politique.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p><span style="color: #000000;">RELIGION ET POLITIQUE SERONT DESORMAIS INDISSOLUBLEMENT LIES.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p><span style="color: #000000;">&laquo;&nbsp;L&#8217;Islam est politique ou n&#8217;est rien.&nbsp;&raquo;  (Khomeiny)<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La &laquo;&nbsp;soumission&nbsp;&raquo; à Dieu &#8211; qui est le sens même du mot &laquo;&nbsp;islam&nbsp;&raquo; &#8211; est aussi bien exigée du croyant que de l&#8217;État. Le pouvoir politique se voue donc entièrement à une mission religieuse. C&#8217;est l&#8217;annexion de la politique par la religion.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ce qui frappe dans l&#8217;Islam, c&#8217;est son EXTRAORDINAIRE COHESION. Car dans l&#8217;Islam se mêlent indissolublement, inextricablement le sacré et le profane, le spirituel et le temporel, le religieux et le civil, le public et le privé. L&#8217;Islam couvre et embrasse tous les aspects de la vie et de la société. C&#8217;est en ce sens que je disais plus haut que l&#8217;Islam est global et globalisant, total, totalisant et totalitaire. L&#8217;idée d&#8217;un islam laïc est en soi une hérésie. Il contredit l&#8217;essence même de l&#8217;Islam.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L&#8217;ISLAM EST UN CREUSET FUSIONNEL INTENSE qui engendre un tissu social fortement structuré et donne à une société consistance, cohésion et continuité. D&#8217;où son extraordinaire capacité d&#8217;intégration. L&#8217;Islam a toujours été intégrateur, jamais intégré ; toujours assimilateur, jamais assimilé. Une seule exception : l&#8217;Espagne&#8230; En fait, ce recul n&#8217;a été possible que par les moyens que nous connaissons.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Autres atouts de l&#8217;Islam : SA GRANDE SIMPLICITE. Simplicité de son dogme, de sa morale, de ses principes. SA SOUPLESSE, son élasticité, sa capacité quasi infinie d&#8217;adaptation, à partir d&#8217;un noyau dur, solide, irréductible.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">C&#8217;est cette souplesse de l&#8217;Islam qui explique en partie sa foudroyante expansion tant en Afrique qu&#8217;en Asie. Ce continent, dans lequel le christianisme a pénétré six siècles avant l&#8217;Islam, ne compte que 3% de chrétiens, alors qu&#8217;on évalue à près de 30 % le nombre de musulmans.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Un dernier point : LE DJIHAD. Le djihâd n&#8217;est pas un aspect marginal, un accessoire de l&#8217;Islam. Il constitue une des principales obligations du croyant. On a voulu interpréter ce terme de façon réductrice, comme si le djihâd n&#8217;était qu&#8217;un combat spirituel et intérieur, un combat contre les passions et les instincts. Non, les textes sont clairs : il s&#8217;agit bel et bien d&#8217;un combat par l&#8217;épée et ce n&#8217;est pas un hasard si l&#8217;Arabie Saoudite et tel ou tel groupe islamiste représente un glaive sur son écusson. (voir Coran : 2.216-217 ; 3.157-158 ; 3.169 ; 8.17 ; 8.39 ; 8.41 ; 8.67 ; 8.69 ; 9.5 ; 9.29 ; 9.41 ; 9.111 ; 9.123 ; 47.35 ; 59.8).<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Il y a dans l&#8217;Islam l&#8217;idée de force, de puissance. L&#8217;islam est la religion de la force. Il s&#8217;impose souvent par la force et ne cède en général qu&#8217;à la force. C&#8217;est un fait : historiquement l&#8217;Islam s&#8217;est souvent étendu par la contrainte et la violence. Il n&#8217;est que de consulter les ouvrages de Bat-Ye&#8217;or pour s&#8217;en convaincre. D&#8217;ailleurs, l&#8217;Islam ne divise-t-il pas le monde en deux : la demeure de l&#8217;Islam et celle de la guerre &#8211; &laquo;&nbsp;Dar al-Islâm wa dâr al-harb&nbsp;&raquo; ?&#8230;<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L&#8217;Islam a pour ambition et pour prétention de convertir l&#8217;humanité entière. Il est par essence planétaire, universel, à l&#8217;instar du christianisme. C&#8217;est la prétention de ces deux religions à l&#8217;universalité qui explique leur incompatibilité et leur rejet réciproques. Pour le musulman, il n&#8217;y a qu&#8217;une seule vraie religion, l&#8217;Islam : &laquo;&nbsp;Inna-dîn &#8216;ind-Allah al-Islâm&nbsp;&raquo;.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le musulman a en lui la certitude d&#8217;avoir raison, de posséder la vérité. Cette conviction a pour conséquence la froide détermination d&#8217;aboutir, de réussir un jour à conquérir le monde, envers et contre tout. Rien ne l&#8217;arrêtera.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Car l&#8217;Islam compte avec le temps. Il a le temps, il a tout le temps, il a toute l&#8217;éternité. Il y a dans l&#8217;Islam la patience infinie du bédouin suivant sa caravane. Ca prendra le temps que ça prendra, mais on y arrivera.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
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		<title>Une prise de conscience s’impose, par Andréa Richard, écrivaine</title>
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		<pubDate>Sun, 03 Oct 2010 19:27:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cciel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La Commission sur le projet de la loi 94 reprend. Mon frère Guy Richard, juge en chef à la retraite, sachant que je suis convoquée au Parlement le 20 octobre prochain, pour la dite commission, m’a dit : &#171;&#160;Il faut dissocier Dieu des religions, les religions n’ont pas été établies par des dieux, mais par des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;">La Commission sur le projet de la loi 94 reprend. Mon frère Guy Richard, juge en chef à la retraite, sachant que je suis convoquée au Parlement le 20 octobre prochain, pour la dite commission, m’a dit : &laquo;&nbsp;Il faut dissocier Dieu des religions, les religions n’ont pas été établies par des dieux, mais par des hommes.&nbsp;&raquo; Actuellement, en Cour juridique, on se sent souvent obligé de donner raison à ceux qui veulent des accommodements au nom d’une religion, parce que dans le préambule de la Constitution Canadienne il est écrit : « Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit. » Il faut reconnaître que ce préambule prête à confusion. Dans les faits, et à ma connaissance, une vérité qui doit être prise au sérieux a toujours été négligée : Un Dieu ou des dieux n’ont jamais fondé de religion. La religion et Dieu doivent donc être dissociés, ainsi, je pense qu’on n’aurait pas besoin de référer à la Constitution en ce qui concerne des accommodements religieux litigieux. Ceci pourrait-il être inscrit dans les règlements de la Cour ? Cependant, l’idéal serait tout de même d’enlever ce préambule de la Constitution.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Si l’adoption de la loi 94– entre en vigueur, et si l’on se fie aux accommodements déjà accordés – ce serait la preuve que le problème a été pris par la queue. Nous savons que lorsqu’on coupe la queue de certains animaux, elle repousse&#8230; et encore plus longue ! C’est la tête qu’il faut couper ! La tête du problème réside, nous le savons tous, dans une courte phrase du préambule de la Constitution canadienne, qui est mal interprétée.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Toutes les religions, sources de grandes divisions et des guerres passées, présentes et sans doute futures, ont été fondées par les hommes, avides de pouvoir. Les religions, qui utilisent le nom d’un dieu pour justifier leurs propres institutions, sont des usurpatrices. L’usurpation est et sera toujours inacceptable. Une prise de conscience s’impose et de toute urgence. L’écart est énorme entre ce que nous faisons maintenant, c’est-à-dire donner naïvement raison aux usurpateurs, et les dénoncer. Dissocier Dieu des religions rendra caduque ce préambule de la Constitution qui permet d’accommoder les religions. Ce préambule, c’est la tête qu’il faut couper… Si simple et pourtant si compliqué. L’absence de volonté politique est à la base des complications que nous connaissons et ce, parce que nos dirigeants semblent ignorants ou désintéressés des véritables enjeux. Les accommodements religieux représentent un élément majeur qui menace notre futur et pourraient causer la destruction de nos valeurs et de ce que nous avons courageusement bâti. La société de demain sera laïque ou théocratique. Dans le dernier cas, les guerres seront inévitables. Nous en avons de multiples exemples sur cette planète. Citoyens et Citoyennes d’un pays, d’une province. C’est cela notre identité qui unit. Évoquer une identité autre : protestant, musulman, catholique, etc. c’est un élément de division. Nous respectons les religions ou devrais-je dire nous les tolérons, mais l’État se doit d’être laïc.</span></p>
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