COMMENTAIRE DE MONIQUE FOREST SUITE À UNE CONFÉRENCE D’ALEXA CONRADI, PRÉSIDENTE DE LA FFQ
J’assistais à cette conférence. Je suis en désaccord avec la position de la Fédération des Femmes du Québec de ne pas interdire les signes religieux ostentatoires dont le port du voile dans la fonction publique et les services publics québécois. Le voile n’est pas qu’un simple bout de tissu, c’est un discours à lui seul. C’est un pas en avant de l’intégrisme religieux musulman alors que pour nous, c’est un pas en arrière de nos valeurs québécoises qui prônent, entre autres, l’égalité entre les hommes et les femmes. Nos grands-mères, nos mères et les femmes d’aujourd’hui ont lutté et luttent pour cette égalité, c’est donc un non-sens que la FFQ renie ce que les québécoises et les québécois désirent comme société. Une société accueillante, ouverte, respectueuse et égalitaire, mais non une société où règne l’aplaventrisme devant les exigences des minorités qui, au nom des droits de la personne, veulent imposer leurs valeurs dans l’espace public et qui, petit à petit, gagnent du terrain sur ce que nous avons acquis au fil des ans. Dans des pays musulmans, des femmes luttent au prix de leur vie pour l’interdiction du port du voile. La position de la FFQ détonne en ce temps où ces femmes luttent pour leur liberté en tant que femme. Alors que nous nous disons solidaires des femmes d’ailleurs dans leur quête de la liberté et de l’égalité, ces femmes doivent se sentir trahies par la position de la FFQ. Le voile est incompatible avec les lois démocratiques. Exigeons de notre gouvernement une charte où la laïcité, le fait français et l’égalité entre les hommes et les femmes seraient les valeurs fondamentales d’un Québec fier de se tenir debout, fier d’accueillir sans renier ses valeurs, fier d’un espace public où les religions ne dicteraient pas leurs diktats.