DÉSOLÉE par Hafida Oussedik
Si vous trouvez que le thème de la laïcité est surexploité, nous devons convenir que ce filon semble tout aussi bon pour vous puisque vous y consacrez dans la Presse deux précieuses rubriques en trois jours.
Autant d’insistance à manifester une exaspération face à un foisonnement d’avis et d’opinions de la part de citoyens et autres intervenants est surprenant.
Il est pourtant simple de comprendre que si le sujet revient sur le tapis c’est tout simplement parce qu’il n’est pas réglé. Pourquoi ne l’est-il pas? Parce que les Québécois, formant ce que vous appelez le « nous autres », se sentent ignorés et non écoutés dans leur revendication pour une société laïque. La grogne face aux accommodements religieux, que la plupart des simples gens désapprouvent, est bien réelle. La banaliser comme vous le faites, relève tout bonnement de la condescendance.
Faisant écho à une grogne citoyenne, les deux partis d’opposition en place ont eu l’envergure de porter la voix citoyenne là où elle doit aboutir, C’est-à-dire à l’assemblée nationale. C’est tout à leur honneur. Peut-on en dire autant de notre gouvernement, qui par le biais de la loi 16, aurait pu permettre à tous les organismes publics de plans d’accommodements « raisonnables » dont la majorité de la population n’en veut pas ?
Défendant le principe d’égalité des sexes, notre très allumée présidente du Conseil du Statut de la Femme, a fait valoir sans équivoque cette valeur si chère à « nous autres ». Que dire du mutisme prolongé de la ministre de la condition féminine? Devant cet effacement caractérisé, il est normal que vous trouviez madame Pelchat « surexcitée ».
Il en ressort de votre agacement, une lecture des récents événements à partir d’un seul angle. Y argumenter sous cet angle ne favorisera certainement pas la « fin » espérée du débat entourant les accommodements religieux.
Vous avez le droit de ne plus être inspirée par le sujet. Cependant, ne vous sentez pas obligée d’écrire. Désolée, madame Gagnon le débat ne sera pas clos tant qu’il ne sera pas réglé.