Le rabbin Yossef souhaite la peste aux Palestiniens, Agence France-Presse, 29 août 2010
Le chef spirituel du parti Shass, le rabbin Ovadia Yossef, a voué dans son prêche hebdomadaire à Jérusalem le président palestinien Mahmoud Abbas et son peuple aux gémonies, suscitant dimanche une réaction indignée palestinienne.Le rabbin Yossef, dont le parti religieux ultra-orthodoxe est l’un des piliers de la coalition gouvernementale du Premier ministre Benjamin Netanyahu, s’exprimait à quelques jours de la reprise le 2 septembre à Washington des négociations directes de paix avec les Palestiniens, suspendues depuis 20 mois.
«Que tous ces méchants qui haïssent Israël, comme Abou Mazen (M. Abbas), disparaissent de notre monde!» a-t-il lancé samedi soir dans des propos diffusés par la radio de l’armée israélienne.
«Que Dieu les frappe de la peste ainsi que ces Palestiniens méchants et persécuteurs d’Israël», a poursuivi le rabbin Yossef.
À Ramallah, siège de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie occupée, le porte-parole Ghassan Khatib s’est indigné de cette déclaration qualifiée «d’incitation raciste» à la haine, exigeant un désaveu officiel du gouvernement israélien.
Il s’est particulièrement alarmé dans un communiqué du fait que ces paroles provenaient «d’un dirigeant spirituel d’un parti au pouvoir, à la tête d’un mouvement en charge de l’éducation d’un quart de million d’élèves».
Le parti religieux ultra-orthodoxe séfarade Shass gère un important réseau d’écoles et a onze députés sur un total de 120 à la Knesset (Parlement).
Le bureau du Premier ministre a dit dans un communiqué que les propos du rabbin «ne reflètent pas la conception de Benjamin Netanyahu ni la position du gouvernement» qui aspirent à un règlement de paix avec les Palestiniens.
Le député du Shass, Nissim Zeev, a tenté d’expliquer qu’en fait le rabbin avait cité le Talmud pour exprimer le vœu que Dieu fasse disparaître les ennemis d’Israël à la faveur de la paix.
Octogénaire, tenu pour un connaisseur exceptionnel de la Torah, le rabbin Yossef a coutume de s’adresser à ses ouailles dans un langage populaire décapant, qui mêle dictons, citations de textes sacrés et blagues aux dépens de ses adversaires.
Au fil des ans, il s’en est pris pêle-mêle avec violence aux Arabes, aux juifs laïcs et ashkénazes, en les affublant de toutes sortes de qualificatifs et en ayant recours à un registre animalier pour les fustiger.
A la fin des années 1980, il s’était prononcé cependant en faveur d’un partage territorial avec les Palestiniens en vue d’une paix susceptible de sauver des vies juives.
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