QUAND HONNEUR RIME AVEC TERREUR… par Marie-Hélène Patrice
Le 30 septembre 2009, à la une des nouvelles, une jeune femme de 18 ans racontait anonymement sa peur et son dégoût pour l’examen gynécologique qu’elle aurait à subir d’un jour à l’autre. Ses parents, voulant savoir la valeur de leur fille sur le marché du mariage, lui avaient annoncé qu’elle devra se soumettre au test de virginité. La jeune fille a eu la présence d’esprit de communiquer avec les médias et de leur faire part de sa peur face à ce test où elle est sûre d’échouer, ayant un copain depuis bientôt deux ans, bien entendu d’une autre origine culturelle et religieuse que la sienne! Elle craint les représailles qu’une telle découverte aurait pour elle : isolement et rejet de la part des membres de sa famille et des autres familles du « milieu », peut-être même de la violence à son égard. De ses propres mots : « Si on m’obligeait à passer ce test, j’échouerais et je ne pourrais plus jamais regarder les membres de ma famille dans les yeux que je devrais garder baissés en leur présence. Je trouve ça ridicule et c’est pourquoi j’ai voulu parler aux médias. Trop de filles souffrent à cause de cette coutume ».
Cet « incident », vite retiré des médias, se passe au Danemark. Le copain en question est danois et la jeune fille, on le devine, d’origine « arabe » et musulmane. Le plus aberrant dans toute cette histoire, c’est que des médecins danois acceptent de faire passer un tel examen à des jeunes filles, cédant ainsi aux pressions de leurs parents. De plus, pour que le certificat soit valide, il doit être signé par quatre médecins. Comment se fait-il qu’un pays démocratique, égalitaire et socialiste comme le Danemark permette l’émission d’un tel certificat ?
Une travailleuse sociale et infirmière tente de sensibiliser la population avec son site web www.nymoedom.dk (traduction : newvirginity.com) qu’elle a créé dans le but d’entrer en contact avec des jeunes filles aux prises avec ce problème. « Les filles sont terrorisées à l’idée d’aller chez le médecin pour passer cet examen parce que beaucoup d’entre elles ne sont plus vierges » raconte Kristina Aamand à la chaine de nouvelles « DR Nyheder ». Kristina Aamand reçoit au-delà de 50 demandes par mois, dont le tiers porte sur la question du certificat de virginité. Plusieurs forums de discussion pour les jeunes, où le test de virginité est discuté, insistent sur le fait que même si les médecins « mentent » et attestent la virginité d’une jeune fille dans le but de la protéger, les parents risquent de la forcer à le refaire dans son pays soi-disant « d’origine » (même si elle est née au Danemark).
Et tout ce cirque pour une question « d’honneur ». L’honneur de quoi ? Quel honneur ont ces parents qui soumettent leur enfant à pareille absurdité ?
Marie-Hélène Patrice, immigrante au Danemark, mécanicienne de bateau